Tu m’aides à faire mon sac à dos ?

Le sac d’Alexandra au gîte

Alexandra est une amie qui est partie marcher 15 jours sur la voie du Puy-en-Velay vers Compostelle. La veille de son départ, elle m’a invité à venir chez elle l’aider à faire son sac à dos. Privilège…

Près de son lit, le sac est là, béant, comme en attente. Tout autour, assemblés par petits tas, les chaussettes, gourdes, sac de couchage, trousse de toilette… 

Nous avons commencé en imaginant le déroulé de la journée type, du matin jusqu’au soir ; en s’interrogeant sur les différentes possibilités, sans basculer dans un « et si… » paranoïaque.  

La règle est simple : dès que tu penses « au cas où », tu vires ! Si besoin, tu trouveras toujours quelque chose sur le chemin, Compostelle ce n’est pas la traversée du désert de Gobi. 

Pour la marche, quels hauts et quels bas choisis-tu ? Et le lendemain, tu portes quoi ? Et s’il pleut ou qu’il y a un grand soleil ? Et s’il fait froid que mets-tu ? 

Tu arrives au gîte, tu te laves et tu te sèches avec quoi ? Qu’utilises-tu comme lessive  ? Tu as des ampoules ou des coups de soleil ?  Quelle est ta « tenue de soirée » ? Et si, tu sors le sors, tu prends quoi ? 

Et pour la nuit ? Tu dors comment ? As-tu pensé aux indispensables boules Quiès ? Un masque pour la lumière ? Sac à viande ou sac de couchage ? 

Le matin, tu fais des courses pour le midi ? Tu as besoin de couverts, d’un sac à provision ? Le papier toilette ? Tu prélèveras quelques feuilles là où tu t’arrêtes… 

As-tu envie de prendre des notes ? De faire des photos ? As-tu pensé aux câbles du téléphone ? Et quel budget comptes-tu par jour (gîte + nourriture + extra) ? Emportes-tu un guide ? 

Pour un premier départ sur le chemin de Compostelle, Alexandra s’était bien débrouillée. Très peu de doublons ou d’au cas où. 

Nous avons peu à peu rempli le sac, en mettant ce qui était pour le soir en au fond et en remontant vers le sommet du sac pour le début de la journée. Le tout enveloppé dans des sacs de congélation grande taille (avantages ? Imperméables et bien rangés).

Le plus lourd, bien au niveau des omoplates, pour ne pas lester le sac en les plaçant tout en baS; 

Nous avons laissé dans les pochettes à fermeture éclair extérieur tout ce qui devait être accessible au cours de la marche. A portée de main : cape de pluie, lunette de soleil, porte-monnaie, crédentiale… 

J’ai apporté le pèse-personne. Il affiche : 7 Kg ! Bien joué Alex ! 

En la quittant, je sentais monter en moi une profonde reconnaissance pour m’avoir invité à partager ce moment à la fois grave et léger, intime : les deniers préparatifs avant le départ. C’est comme si elle m’avait invité, moi aussi, à me glisser dans une de ses pochettes pour partir avec elle. Je me suis fait tout léger.

Buen camino, Alex !

> A lire aussi :  Comment confectionner son sac à dos

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Le pèlerinage, un mouvement intérieur

Dans l’Aubac. Sur la voie du Puy-en-Velay

« Lève-toi et marche », dit Jésus au paralytique (Mc 2, 9). Le pèlerinage, c’est une mise en mouvement à partir d’un impérieux appel intérieur — Un appel divin à la vie. Partir, c’est faire le choix de la vie, comme le rappelle Yahvé dans le livre du Deutéronome. « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession » (Dt 30, 15-16). « Il fallait que je parte, c’était le moment », expliquent souvent les pèlerins.

Le déplacement physique est facilité par le choix d’une destination clairement identifiée, la plupart du temps un sanctuaire. Le pèlerin n’erre pas, il est focalisé sur le but à atteindre. Ayant trouvé son repère géographique, il est d’autant plus libre de se tourner vers sa boussole intérieure : quel sens (signification et direction) indique-t-elle ? La réponse se dévoilera, pas après pas, étape après étape. Pour cela, le pèlerin s’élance per ager, « à travers champs », nous rappelle l’étymologie. Il devient donc, pour une part, étranger à lui-même. Il s’arrache à sa ville d’origine, à sa famille, à son confort, à ses habitudes.

Sur la route, les besoins se simplifient. « Miam-miam dodo » est le nom d’un célèbre guide sur les chemins vers Saint-Jacques de Compostelle . Il peut alors s’ouvrir à la beauté imprévisible de la nature (et, parfois aux surprises de la météo !) et aux rencontres. Rencontre avec les autres pèlerins, bien sûr. Rencontre avec soi-même : depuis combien de temps n’avais-je pas passé du temps en ma propre compagnie ? Et rencontre avec l’hôte intérieur, « plus intime à moi-même que moi-même », comme disait saint augustin

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Vers Compostelle, j’ai renoué avec la petite fille que j’étais

Martine Fustino au Forum des chemins de pèlerinage (avril 2017)

Martine Fustino au Forum des chemins de pèlerinage (avril 2017). Photo © Cyril Badet

Martine Fustino est l’une des invités de la table-ronde que j’animais début avril au forum des chemins de pèlerinage sur le thème : « Le chemin guérit-il ?«.

Son témoignage a particulièrement marqué l’assistance, qui se pressait dans une salle pleine du Forum 104 à Paris, (voir la vidéo de la journée).

L’évocation de la petite fille qu’elle était a provoqué soudain un silence, profond et recueilli. Un instant de grâce qu’on connaît aussi sur le chemin. Ecoutons Martine. 

J’ai été élevée à la campagne et j’ai toujours habité en ville. Mais il me fallait toujours  des arbres à proximité : je vis pas très loin d’une forêt. Lorsque je suis partie avec l’association Chemin aidant sur le chemin de Compostelle, j’avais envie de faire une expérience avec Philippe Castan, qui est coach, comme moi.

J’avais besoin de sortir de ma routine et de ma zone de confort par curiosité. J’ai marché en 2012 et 2014, deux fois une semaine, de Saint-Christophe Dolaizon à Conques, puis de Conques à Cahors.

Martine Fustino sur le chemin de Compostelle

Je suis partie avec l’idée de « travailler » sur ma « verticalité » et sur ma « relation à l’autre ». Le chemin m’a ramené dans mon corps. Je me suis retrouvée à m’occuper de mon mal aux pieds, de mes ampoules et de trouver un endroit pour faire pipi ou caca ! 

La route m’a éveillé à la beauté de la nature. J’ai retrouvé ce contact tellurique avec la terre, la lumière, les odeurs. Certains matins, j’avais envie de tomber à genoux devant tant de beauté. Beauté des paysages endormis encore enveloppés de brume, des midi glorieux, écrasants de chaleur, des soirées joyeuses.  Les rencontres dans les gîtes ne sont pas la moindre des réjouissances. Et les repas savoureux et le bon vin de nos régions… Marcheur ou pèlerin ET bon vivant !

La seule façon de vivre c’est d’accepter de se mettre en route, et de se remettre en route chaque jour, de faire en sorte de voyager léger, sans s’encombrer de l’inutile qui nous freine ou nous alourdit, et surtout le cœur confiant et ouvert, prêt a accueillir les surprises, l’inattendu, prêt à s’émerveiller. 

J’ai fait l’expérience du moment présent, de l’ici et maintenant : la seule chose vraie , tangible et concrète et en même temps si mystérieuse. N’est-ce pas la métaphore de la vie ? On a beau préparer et anticiper, la vie nous surprend toujours. 

Au fil des jours, je suis aussi entrée en contact avec la petite fille en moi qui gambadait sur les chemins de ma campagne natale.

J’ai pu marcher avec mon enfant intérieure, je l’ai écoutée, consolée. A certain moment, quand ses chagrins refaisaient surface et l’empêchaient d’avancer, je l’ai prise , dans mes bras, pour la consoler, pour l’accepter telle qu’elle était, pour lui redonner espoir et espérance. La douleur du chagrin peut disparaître comme la sensation d’une brûlure sous l’eau froide. 

Dans mon entrée,  il y a un bâton, que Philippe a taillé pour moi, un jour où les mots n’avaient plus cours. Il a su trouver et fabriquer avec que ce qui était là.

Ce bâton, je le reprendrai pour poursuivre mon chemin. Inch’allah !

Recueilli par Gilles Donada/Blog des marcheurs

► Le site de Martine Fustino ; sa page Facebook ; sa chaîne YouTube

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Partir vers Compostelle pour vivre sans peur

J’ai rencontré Florence pour la table-ronde du Forum des chemins de pèlerinage dédiée au thème « Le chemin guérit-il ?« .

Avec son humour et sa fraîcheur, elle a confié à l’assistance combien partir le chemin affirmait le désir de vivre autrement, moins dans la peur et le contrôle.

Elle a choisi de se lancer avec l’association Les premiers pas, qui aident justement ceux et celles qui ont besoin de sentir soutenus pour prendre la route. 

Son témoignage illustre bien la générosité du chemin : pas besoin de la parcourir en entier pour qu’il nous dispense  ses trésors. 

Partir me faisait me peur, mais c’était nécessaire. Je me rendais compte que j’étais en train de passer à côté de ma vie. Pour passer le cap de mes 30 ans, je voulais me prouver à moi-même que j’étais capable d’entreprendre quelque chose que je n’avais jamais fait jusque-là. Je suis donc partie marcher sur le chemin de Compostelle, accompagnée par l’association Les premiers pas.

C’était la première fois de ma vie que je partais en randonnée, seule de mon côté, avec un sac à dos. J’ai toujours passé mes vacances en famille au club Med. J’ai toujours besoin d’organiser, de planifier, de contrôler… Il y a trois ans, ma maternité m’a confrontée à mes peurs. Durant la grossesse, j’avais failli perdre mon fils. J’étais restée alitée. Arrivée au terme de la grossesse, le bébé n’as pas voulu se retourner pour sortir. Il a fallu pratiquer une césarienne. J’avais l’impression que j’avais dit à mon enfant : « Ne sors pas, c’est trop dangereux ».

Je souhaite avoir un autre enfant, mais je veux que ça se passe différemment  En partant sur le chemin, j’avais emporté du désinfectant pour le dortoir… Je croyais sincèrement que je n’allais pas survivre à la vie en communauté. J’ai découvert que la dynamique du groupe me portait. Quand on ne peut plus avancer soi-même, les autres nous aide à aller de l’avant.

Un jour, je me suis retrouvée seule face à un troupeau de vaches qui traversait le chemin. J’ai paniqué : j’ai cru que j’allais mourir piétinée. En croisant leur regard, j’ai senti leur force — la vache est un animal sacré ! J’ai commencé à sentir la vie présente dans la terre que je foulais, dans les arbres que je croisais, dans la nature au milieu de laquelle je marchais. Moi qui avais si peur de vivre, je me suis sentie enfin vivante.

Recueilli par Gilles Donada/Blog des marcheurs

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Paris : les chemins de pèlerinage sont au salon de la rando

Camino primitivo, vers Berducedo. Juillet 2016. © Gilles Donada

Destinations nature, le rendez-vous annuel des marcheurs se déroule cet année du jeudi 16 au dimanche 19 mars 2017 au parc des Expositions à Paris (Porte de Versailles). Rendez-vous au stand « Chemins d’étoiles » est consacré aux chemins de pèlerinage (invitations gratuites à télécharger sur leur site). 

Côté pratique, vous pourrez vous renseigner auprès de bénévoles de plusieursassociations (ou mise à disposition de documents)  sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, du Mont-Saint-Michel, de Chartres (sur les pas de Charles Péguy), de saint Martin, du Tro Breiz, de Saint-Gilles, d’Assise, de Rome (Via francigena), sentier des Trois Abbayes en Brocéliande, etc. Vous trouverez un large hoix de livres, récits et guides, avec séances de dédicaces.

Cet année, des journalites de l’hebdomadaire Pèlerin, tiendront notamment un « Point info » sur le 3e Forum des chemins de pèlerinage, organisé du 31 mars au 2 avril au Forum104 à Paris. Nous y reviendrons. 

Côté rencontres, deux conférences : la première sous forme de témoignage sur un pèlerinage japonais, la seconde fournira plein de conseils pratiques pour partir à Compostelle. 

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Anne Etchegoyen, voix libre

La chanteuse basque Anne Etchegoyen est arrivée dans nos locaux de Bayard, accompagnée de Thierry son agent, qui traînait une pesante valise. Elle venait d’atterrir à Paris le matin même pour préparer son concert à l’Olympia du 27 février 2017. Vêtue de noir, elle balayait d’un regard flottant la cafétéria, située en rez-de-jardin. 

Nous nous sommes installés face-à-face, près des baies vitrées ensoleillée de la cour intérieure. Un chocolat chaud pour elle (qu’elle ne terminera pas). Nous avons parlé musique, forcément. Puis  de son chemin de Compostelle qu’elle a achevé d’une traite en octobre dernier. Elle était partie de sa ville natale à Saint-Palais. 

Anne  avait pris la route avec le projet de chanter dans les églises avec d’autres chanteurs, contactés avant son départ. Au bout de cinq jours de marche, elle a abandonné cette idée.

Elle avait « besoin d’introspection » après le décès de sa grand-mère et des déceptions sentimentales. Elle ne chantera plus pendant un mois jusqu’à son arrivée à la cathédrale Saint-Jacques où elle entonnera l’Ave Maria. Autre souvenir irradiant : à Muxia, ces deux heures passées à chanter dans le sanctuaire Notre-Dame-de-La-Barque, que le curé leur avait exceptionnellement ouvert.

« Depuis mon retour, ma voix est plus proche de celle que je suis vraiment. Mon chant est plus intime, plus libérée », confie-t-elle.

Peu à peu l’interview prend la tournure d’une conversation sur nos souvenirs respectifs de Compostelle. Les regards se tournent l’intérieur pour puiser et partager encore d’autres souvenirs du Camino. Le temps s’étire, le silence lestait progressivement chacune de nos phrases, comme la brume qu’on croise sur la route de bon matin. Le chemin venait nous visiter. 

C’est la fin de l’entretien. La brume se lève. Le temps de se souhaiter bueno camino. En basque, il existe plusieurs expressions pour dire « bon vent », « bonne route », « bonne continuation ». 

Izan untxa  ! Segi Ona !  Bide on ! lance Anne (écoutez là ci-dessous).

Un titre de son dernier album : Lau Haizetara (« aux quatre vents »)

Les prochains concerts d’Anne Etchegoyen

BASAURI au Social Antzokia le 19 mars 2017 à 19h00.
PESSAC à la salle Le Galet le 31 mars 2017 à 20h30.
BIARRITZ à l’Eglise Saint-Eugénie le 1er avril 2017 à 20h30.
LARUNS à l’Espace 2015 le 8 avril 2017 à 20h30.
PAMPELUNE au Théâtre Gayarre le 19 mai 2017 à 20h00.
BILBAO au Théâtre Arriaga le 21 mai 2017 à 19h00.
LA BREDE à l’Eglise Saint-Jean d’Etampes le 16 Juin à 20h30.
AIRE SUR ADOUR à la Cathédrale St-Jean Baptiste le 21 juillet à 20h30.
CAPBRETON à l’Eglise Saint-Nicolas le 22 juillet 2017 à 21h00.
URRUGNE à l’Eglise Saint-Vincent le 16 août 2017– 20h30.
CAP FERRET à la Chapelle de L’Herbe le 27 août 2017 à 18h.
SAINT-SEBASTIEN au Théâtre Maria Cristina le 25 novembre 2017 à 20h00.

son site : www.anne-etchegoyen.com

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Marcheur extraverti ou introverti ?

Entre Grados et Salas sur le camino primitivo vers Saint-Jacques-de-Compostelle, juillet 2017

La psychologie nous apprend que les tempéraments extravertis se ressourcent à travers le contact et les interactions avec les autres tandis que les introvertis ont besoin d’isolement et d’une solitude choisie pour reconstituer leurs réserves intérieures (si vous ne savez pas, faites le test).

Je suis un marcheur extraverti. J’adore les rencontres, les discussions, l’ambiance bourdonnante des albergues… C’est en marchant seul sur le chemin de Saint-Gilles puis sur le chemin de Saint-Ignace que j’ai appris à goûter les plaisirs de la marche en ma propre compagnie — ce qui signifie que ce n’est pas une marche solitaire.

Quel bonheur de marcher à son rythme, de s’arrêter quand on veut pour contempler un paysage, de faire une pause, s’attarder sous un rayon de soleil, d’esquisser des pas de danse sur la route caillouteuse, de (se) parler à haute voix !

Marcher seul, c’est aussi le meilleur moyen de rencontrer l’autre (et revoici l’extraverti) car je suis totalement disponible et en appétit.

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Fin de Camino : un autre chemin qui commence

Emmanuel (à d.) et moi, Cabo Fisterra. Comme le veut , la tradition nous avons regardé le soleil se coucher après avoir brûlé un vêtement symbolisant le "vieil homme". Le 8 août 2016.

Emmanuel (à d.) et moi, Cabo Fisterra. Comme le veut , la tradition nous avons regardé le soleil se coucher après avoir brûlé un vêtement symbolisant le « vieil homme ». Le 8 août 2016.

Après 10 ans de marche avec mon ami d’enfance Emmanuel, nous sommes enfin arrivés à Compostelle le 3 août 2016. Dix ans ! Combien avons-nous changé, combien le chemin nous a-t-il changé !

Nous sommes repartis le lendemain pour aller jusqu’au cap Finisterre et à Muxia. En jetant un coup d’oeil par dessus mon épaule, je voyais s’éloigner le clocher de la cathédrale saint-Jacques-de-Compostelle, plongé dans une brume humide. Je me sentais vide, creux comme cette coquille saint-Jacques qui tinte à mon sac. Notre chemin s’achevait, et c’est là que pour moi un nouveau chemin commence.

En marchant vers cabo Fisterra et Muxia la sauvage, j’engageais mes pas sur un tremplin qui allait m’engager vers de nouveaux chemins inédits, à la fois plus intérieurs et plus sensoriels. Avec le désir de rester ouvert aux rencontres, réceptif aux synchronicités qui nourrissent notre vie. « El Camino provides », comme dit Mercedes, notre amie de marche anglo-espagnole, qui nous a accompagnés jusqu’à la fin des terres.

Ce blog ne ressemblera pas à ce qu’il a été. Je ne vous en dit pas plus. Je vous livre juste quelques mots clés, qui sont venus cet après-midi avec Gaële de La Brosse, mon ange du chemin, qui m’a remis sur celui-ci :

Ancrage, brûlant, connexion, relié, instantané, synchronicité, relecture, nécessité. Marcher !

Je suis heureux de vous y retrouver. Buen camino y hasta pronto !

 

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Samedi 4 juin : chemins partagés, routes de partage

Ce samedi, de 14h à 15h, j’aurai le plaisir d’animer une table-ronde dans le cadre du 2ème Forum des chemins de pèlerinage (programme ci-dessous), qui se déroule au Forum 104.

Son thème ? « Chemins partagés, routes du partage : à la croisée des spiritualités et des religions ». Des pèlerins de différentes cultures, confessions et traditions seront réunis :

  • Ji Dahai, chinois, pèlerin taoïste et auteur de Un artiste chinois pèlerin de l’art sur les chemins de Compostelle (Éditions Ouest-France) ;
  • Mahdi Alioui, un des trois « Marcheurs de la paix de Jérusalem à Compostelle ».
  • Marie-Édith Laval, auteur de Comme une feuille de thé à Shikoku (Le Passeur Éditeur)

Ne manquez pas deux rendez-vous exceptionnels

Vendredi 3 juin, à 20h,  un rendez-vous avec Charles Péguy : 

Conférence audiovisuelle « En route vers Chartres, dans les pas de Charles Péguy » par Pierre-Yves Le Priol, auteur du livre En route vers Chartres, dans les pas de Charles Péguy (Le Passeur Éditeur),

François Haye, concepteur du Chemin Charles Péguy et Violaine Barthélémy, comédienne, qui lira des textes de Charles Péguy.

Dimanche 5 juin, de 14h30 à 16h, le concert d’une chanteuse basque

Concert « Compostelle » par Anne Etchegoyen, chanteuse basque, et Jérôme Levatois, guitariste. Échange avec Anne Etchegoyen autour de son pèlerinage sur les chemins de Saint-Jacques

Adresse : 104 rue de Vaugirard  75006 Paris


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Téléchargez des places gratuites pour le salon de la rando de Paris

Salon de la rando 2016

Pour télécharger des places, cliquez sur l’image.

Comme chaque année, les amis des chemins de pèlerinage se retrouvent au salon des randonnées Destinations nature, qui se tient du jeudi 17 au dimanche 20 mars à Paris (Porte de Versailles). La dernière édition avait rassemblé 71 000 visiteurs.

Le stand « Chemins d’étoiles » sera consacré aux chemins de pèlerinage : chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, du Mont-Saint-Michel, de Chartres, de saint Martin, du Tro Breiz, de Saint-Gilles, d’Assise, de Rome, etc.

Sur les pas de Charles Péguy

Le vendredi 18 mars à 15 h, une conférence intitulée « A pied et à vélo vers Chartres, sur le Chemin Charles Péguy » sera donnée par Pierre-Yves Le Priol, auteur du livre En route vers Chartres, dans les pas de Charles Péguy (Le Passeur Editeur, collection « Chemins d’étoiles », mars 2016), et François Haye, concepteur du Chemin Charles Péguy. Cette conférence sera suivie d’une séance de dédicaces et d’un verre de l’amitié sur le stand « Chemins d’étoiles ».

D’autres séances de dédicaces sont également prévues (Olivier Lemire, Céline Anaya Gautier, Marie-Edith Laval, Gérard du Camino, Christian Sambin, Fabienne Sauvageot, Gaële de La Brosse), et un large choix de livres sera proposé.

 

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Compostelle : buen Camino, Père Ihidoy, saint hospitalier !

Le Père Sébastien Ihidoy interviewé par Marianne Rigaux dans "Les pionniers de Compostelle".

Le Père Sébastien Ihidoy interviewé par Marianne Rigaux dans « Les pionniers de Compostelle ». Crédit : Marianne Rigaux pour Pèlerin.

Le père Sébastien Ihidoy a accompli son Grand Passage vendredi 5 février 2016. Il a marqué des générations de pèlerins de Saint-Jacques qu’il a accueilli dans son presbytère de Navarrenx (Pyrénées-Atlantique). Il a rejoint le champ des étoiles et continue d’accompagner tout homme, toute femme en quête de vérité.

Je me souviens de ce colloque sur l’hospitalité sur les chemins de Saint-Jacques au Puy-en-Velay auquel j’avais participé en 2011. J’animais une table-ronde à laquelle le Père Sébastien Ihidoy avait été convié.

Il était arrivé en retard, le souffle court, le visage marqué. Puis, quand est venu son tour de parler, ses traits se sont détendus, sa respiration est redevenue ample, ses gestes fluides, son visage s’est éclairé. Debout, face au public, il s’adressait aux participants l’oeil brillant, le sourire au lèvre. Il ne s’arrêtait plus de parler. Pour tenir l’horaire, j’ai dû trouver une façon de lui permettre de terminer son intervention. Il s’accrochait presque au micro. Il voulait encore et encore parler de ce chemin qui a changé sa vie, qui éclairait sa vocation de prêtre de l’intérieur — Lui qui n’avait jamais parcouru le chemin jusqu’à St-Jacques.  L’hospitalité l’animait, au sens fort du terme.

A la fin de la table-ronde, il nous a expliqué que son frère venait de mourir mais qu’il avait tenu à tout prix à venir nous parler. Il avait voyagé d’une traite. Il tenait à l’hospitalité, et l’hospitalité le tenait.

Sur sa page Facebook, le père Emmanuel Gobilliard, recteur de la cathédrale du Puy-en-Velay écrit : « C’est une très grande figure du chemin de saint Jacques qui nous quitte, un exemple d’hospitalité. Son accent chaleureux, sa présence et sa charité surtout nous manqueront. J’espère qu’il suscitera de belles vocations ! Nous prierons pour lui dans la cathédrale du Puy. Que le Seigneur lui accorde la récompense promise aux fidèles serviteurs ! »

« Le phare des pèlerins s’est éteint… Le père Sébastien Ihidoy nous a quittés. Plus personne ne se réconfortera à sa voix rocailleuse, à la chaleur de ses mains, à la joie de son regard, à la bienveillance de son âme. Un grand personnage, ô combien discret, mais tant aimé de milliers de gens, s’en est allé. Puisse-t-il avoir trouvé enfin Celui qu’il aura servi toute sa vie à la fois dans sa vie pastorale et dans son merveilleux accueil de ses frères humains à Navarrenx sur le chemin de Compostelle. « Plus on est humain, disait-il, plus on est spirituel. Et plus on est spirituel, plus on est humain. » Ultréia ! », complète Laurence Lacour, qui a croisé la route du Père Ihidoy et dont elle témoigne dans son livre Jendia, Jendé – Tout homme est homme : Sur le chemin de Compostelle (Bayard)

La journaliste Marianne Rigaux l’avait eu il y a quelques semaines à l’occasion du décès de Louis Janin, une autre figure de Compostelle. Il était en pleine forme. C’est elle qui a recueilli son témoignage publié dans L’hospitalité sur les chemins de Compostelle (Passeur éditeur).

« Le père Ihidoy  vous sondait au fond des yeux de son regard bienveillant pour sentir votre âme et vous serrait longuement les mains pour transmettre la sienne, confie-t-elle. Je me souviens de la chaleur de sa voix. J’ai eu la chance de vivre une semaine auprès de lui à Cambo-les-Bains, en 2015, pour écrire ses mémoires. D’emblée, il m’a fait une grande confiance, livrant ses souvenirs et ses pensées sans retenue. Il était très enthousiaste de témoigner dans ce livre. Je retiens sa sagesse qui dépasse les opinions religieuses, sa générosité avec chacun, son humilité. Il m’a appris à considérer la moindre histoire, la moindre personne. J’ai appris de lui que tout le monde a de bonnes choses en soi et qu’il faut juste prendre le temps de les voir. »

Je laisse le mot de la fin à l’amie Gaële de La Brosse, écrivain des chemins, éditrice au Passeur éditeur, cofondatrice de l’association Chemins d’étoiles. Sur la route, par monts et par mots depuis des années. Sur sa page Facebook, elle écrit : « Cher père Sébastien Ihidoy, nous serons une longue cohorte de pèlerins à vous accompagner par la pensée et la prière, ce mardi 9 février, à 14 h 30, à l’heure où, rejoignant la terre basque qui vous a vu naître, vous poursuivrez votre ascension sur ce Chemin d’étoiles que vous n’avez jamais quitté. Que saint Jacques vous accueille lui-même là-haut, et qu’il vous ouvre grand la porte que vous n’avez jamais fermée à personne ! »

La prière de l’hospitalier, rédigée par le Père Ihidoy

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Le chemin de saint Ignace veut se connecter à Paris et à Rome

Manrèse : au premier plan, le pont surplombant le Cardoner qu'avait franchi saint Ignace en entrant dans la ville. Les pèlerins d'aujourd'hui l'emprunte toujours.

Manrèse : au premier plan, le pont surplombant le Cardoner qu’avait franchi saint Ignace en entrant dans la ville. Les pèlerins d’aujourd’hui l’emprunte toujours.

Sensation étrange que d’arriver en avion puis en voiture à Manresa, une ville située à une heure de route au nord de Barcelone, car c’est la destination vers laquelle je marche depuis deux ans, à raison d’une semaine par an. Je suis à mi parcours du chemin de saint Ignace de Loyola, long de 650 km, et emprunté en 1522 par le fondateur de l’ordre des jésuites après sa conversion. Il relie sa ville natale, Azpeitia (pays basque) à Manresa (Catalogne) où il a vécu le sommet de son expérience spirituelle et a rédigé ses fameux ses Exercices spirituels.

J’ai tressailli en apercevant la rivière du Cardoner sur la rive duquel Ignaci (Ignace en catalan) a vécu l’une de ses plus intenses expériences spirituelles ; en passant la main sur la pierre rugueuse de la grotte (La Cova) où il venait s’immerger dans prière, en suivant les ruelles où ce pèlerin loqueteux a sans doute été accueilli … Je crois que je serai heureux de revoir ces lieux la poussière de la route dans mes cheveux et les jambes fourbues par le chemin parcouru.

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Sylvain Tesson, écrivain : « A force de patience, on vient à bout des immensités »

« Gravir une montagne, c’est toujours se retrouver à mi-chemin, sur le plan géographique mais aussi intérieur », souligne l’écrivain voyageur Sylvain Tesson.

Philippe Tesson par Yves Tennevin (CC)

Rencontre de Gaële de La Brosse avec Sylvain Tesson, écrivain, journaliste, géographe et voyageur, qui a effectué de nombreuses marches en altitude, notamment en traversant l’Himalaya du Bhoutan au Tadjikistan ; auteur d’une vingtaine de livres dont le Petit Traité sur l’immensité du monde (Éditions des Équateurs, 2005).

Au cours de l’étape de Saint-Jean-Pied-de-Port à Roncevaux, le pèlerin atteint le point culminant de son pèlerinage. Qu’éprouve le marcheur, quand il arrive au sommet d’une montagne ?

Sylvain Tesson : Le sommet est certes le « point culminant » d’un voyage. Mais c’est un milieu hostile, et j’insisterais plutôt sur le fait que lorsque le pérégrin y parvient, il ne doit pas s’y éterniser. Comme tous les instants privilégiés, cet épisode doit être bref.

Gravir une montagne, c’est un aller-retour. Quand on arrive en haut, la moitié seulement du chemin est accompli. Dans le cas de Roncevaux s’y ajoutent deux autres dimensions. Tout d’abord, c’est un col, et les cols sont des charnières formidables, à la fois du point de vue géographique et symbolique : on clôt un chapitre, on en ouvre un autre.

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Florence Bacchetta, psychologue : « Compostelle est un chemin de transformation »

Psychologue, Florence Bacchetta a marché sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle en 1982. Un chemin extérieur qui symbolise tout un cheminement, plus intérieur celui-là.

Il y a tout juste trente ans, Florence Bacchetta arrivait à Saint-Jacques-de-Compostelle. A l’époque, il n’y avait pas de balisage, le tracé était aléatoire, les hébergements rares…
De cette expérience, elle a tiré un récit témoignage : En marche vers Compostelle. Un chemin de transformation (éditions du Tricorne/Cerf, 1986).

Licenciée en lettres médiévales et diplômée de l’Institut C. G. Jung de Zürich (Suisse), Florence Bacchetta exerce aujourd’hui le métier de psychothérapeute à Genève.
► Son. Florence Bacchetta parle de son expérience du Camino (interview réalisée via Skype)

NB Cette interview a été réalisée dans le cadre des e-pèlerinage de pelerin.com

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Emmanu’ailes se renouvelle sur le chemin de Compostelle

Fin juillet, Emmanuelle s'élance pour 29 jours de marche, de rencontres... © Emmanu'Ailes

Fin juillet, Emmanuelle s’élance pour 29 jours de marche, de rencontres… © Emmanu’Ailes

Elle s’appelle Emmanuelle. Elle a 35 ans et vit dans le Tarn-et-Garonne. Débordante d’énergie, cette mère de deux enfants a créé son entreprise de communication. L’été 2014, son mari et elle se sont séparés. En mars 2015, elle chute de son cheval, Aswana, une frisonne de 6 ans. Blessée au genou, elle est immobilisée. Elle a été opérée mi septembre et récupère peu à peu…

Suite à des rencontres et à une quête personnelle, elle décide malgré cette blessure de se lancer sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle à cheval. Elle devra finalement abandonner cette première idée et partir à pied. Les enfants sont chez leur père pour un mois, voici l’occasion rêvée de s’élancer. En 29 jours, du 25 juillet au 20 août, elle parcourt 350 km de Montalzat (Tarn-et-Garonne), lieu de pâturage de sa jument, à St-Alban-sur-Limagnol (Lozère).

Elle tient son journal de bord sur sa page Facebook intitulée « Le chemin d’Emmanu’ailes » (billets #30 à #58). Elle consigne ses pensées, ses rencontres, photos à l’appui. Les commentaires sont nombreux. Un lien se tisse entre celle qui marche et ceux qui la suivent par l’entremise de l’écran.

Emmanuelle réussit à communiquer dans ses billets ce qu’elle vit concrètement et ce que ça fait résonner en elle. On la suit dans son périple géographique et intérieur. Il est d’ailleurs là son chemin : entrer en soi-même pour mieux se tourner vers les autres et vers le monde.

Voici ce qu’elle confiait avant son départ : « Voilà plus de 10 ans que je m’interroge sur le Sens de la vie, en général, et de la mienne. La grande question de ma mission sur cette Terre. La séparation m’amène de nouvelles réflexions. Je m’interroge sur ma façon d’être heureuse, je me remets au centre du système après m’être tant oubliée… Ma sur-activité professionnelle me grignotte, je finis par ne plus me respecter, par « m’auto-détruire ». Mon besoin viscéral d’amener quelque chose au Monde, de créer le bien autour de moi… ne se réalise plus au travers de mes activités professionnelles. Plus totalement. Peut-être plus de la manière dont je l’exerçais jusqu’aujourd’hui. Je me sens quitter un peu d’altruisme, sans aucun doute révélateur d’un besoin de reconnaissance fort. Ne serait-il pas temps que je m’aime moi-même ? » (billet du 17 mai 2015).

Après avoir goûté au Camino, difficile de ne pas avoir envie d’y retourner. Le 1er novembre, Emmanuelle annonce qu’elle repart, mais dans des conditions moins confortables cette fois-ci.  « Je repars le 18 décembre pour 15 jours, mes enfants passant les vacances de fin d’année chez leur père. Je vais passer Noël, fêter mes 36 printemps et dire « bienvenue » à 2016 loin de ma famille et de mes amis, mais avec mon sac à dos, mes chaussures de rando et ma peluche Lakmé.  Pour sûr, cette nouvelle aventure sera différente de l’édition estivale. D’abord parce que la période hivernale me garantit de ne pas croiser grand monde sur le GR65, et de me faire vivre des conditions plus drastiques. Je ne suis pas frileuse, mais je n’ai aucune expérience de la marche dans le froid, ni le matériel pour.. Il me restera à valider que mon genou me permette de porter les mini 15Kg prévisionnels, donc que le mode bivouac soit possible. Et je ne sais pas encore quel trajet je ferai… Peut-être l’Espagne… »

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Père Fournier : « Saint Michel nous rappelle que la foi est toujours un choix »

Photo © Stéphane Compoint pour Pèlerin

Aujourd’hui, on fête les saints archanges : Gabriel, Michel et Raphaël. Le père André Fournier, recteur du sanctuaire du Mont-Saint-Michel depuis 1996, a expliqué à Gaële de La Brosse le rôle que saint Michel peut jouer dans nos vies. Une pensée pour les pèlerins de Saint-Michel qui traversent en ce jour la baie pour atteindre la Merveille.

Le père Fournier a été moine de l’abbaye du Mont-Saint-Michel de 1976 à 2001. Il est recteur du sanctuaire du Mont-Saint-Michel depuis 1996 et curé du canton de Pontorson depuis 2009.

Pèlerin : l’archange saint Michel, dans sa représentation traditionnelle, nous donne l’image d’un guerrier. Quel est le message de ce combat ?

Père Fournier :  Saint Michel est un personnage biblique, nommé dans l’Ancien Testament (livre de Daniel, chapitre 10 et 12) et dans le Nouveau Testament (Épître de Jude, verset 9 et Apocalypse, chapitre 12).

Son nom signifie : « Qui est comme Dieu. » Michel est pur esprit, il n’a pas de corps ! Mais son rôle particulier dans l’Apocalypse, dernier livre de la Bible, lui donne sa figure de guerrier. « Il y eut alors un combat dans le ciel : celui de Michel et de ses anges contre le dragon. Ils furent les moins forts et perdirent leur place dans le ciel ».

En fait, Michel et ses anges s’interposent entre la femme qui vient d’accoucher de l’enfant mâle et le dragon qui veut les dévorer.

La tradition a toujours interprété cet épisode comme le combat du Mal (le dragon et ses troupes) contre le Bien (l’enfant mâle et sa mère : Jésus et Marie, le Christ et l’Église).
Le pèlerin en marche vers le Mont-Saint-Michel vient demander l’aide de l’Archange, au fond de cette baie tourmentée par les éléments. Il sait que le combat continue. Atteindre le rocher, c’est participer à la victoire de la beauté sur la laideur, de la vérité sur le mensonge, de la vie sur la mort. En marchant, le pèlerin purifie peu à peu son regard sur lui-même

Saint Michel est aussi parfois figuré avec une balance, pesant les âmes. Comment peut-on interpréter cette représentation ?

La plus ancienne représentation de saint Michel le montre en effet tenant une balance à la main et pesant les âmes des défunts. C’est l’image d’une justice divine qui rappelle que nous sommes responsables de nos actes et aussi des pensées qui les génèrent.

La foi est toujours un choix, celui du bien, de la vie (cf. Dt 30, 19). En marchant, le pèlerin purifie peu à peu son regard sur lui-même et, dans la reconnaissance de ses péchés, allège son âme qui, arrivée aux portes du paradis, n’aura rien à craindre de la balance de saint Michel.

Les miracles de l’Archange à travers l’histoire nous révèlent aussi son visage protecteur. N’est-ce pas cette facette du saint que le pèlerin préférera invoquer ?
La signification du nom de Michel (« Qui est comme Dieu ») peut prendre plusieurs sens, selon qu’on le fait suivre d’un point d’exclamation et d’interrogation. La tradition y a toujours vu comme une menace : qui ose se prendre pour Dieu ! Mais ce peut être aussi un appel à la conversion, à devenir semblable à Dieu, lent à la colère, plein d’amour et de miséricorde. Le pèlerin marche vers la maison de l’Archange rempli d’espérance et de confiance dans l’intercession de celui qui aide les pauvres, les égarés, les pécheurs.

► Sur pelerin.com : les chemins du Mont-Saint-Michel et le Mont-Saint-Michel vu du ciel.

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« En marchant vers le Mont Saint-Michel, je me suis retrouvé moi-même »

Vers le mont Saint-Michel © Laurent Quivogne

Vers le mont Saint-Michel © Laurent Quivogne

« En 2010, parti chercher la sérénité dans la solitude d’un pèlerinage à pied vers le mont Saint-Michel, j’ai trouvé la joie et l’enthousiasme du chemin », confie Laurent Quivogne sur son blog. Il en a tiré un livre Le voyage au Mont (Éditions particulières, 2010).

Ce coach  prépare un autre ouvrage sur ses pérégrinations en pays cathare avec son épouse. J’avais interviewé Laurent Quivogne par Skype dans le cadre des e-pèlerinages de pelerin.com.

« Ce qui est certain aujourd’hui, écrit-il, c’est qu’il me suffit de fermer les yeux pour repartir dans les grandes forêts de l’Orne, pour sentir sous mes pieds le contact spongieux de la boue des chemins, sur mon visage le vent frais de l’hiver, pour ressentir la joie de suivre les marques blanches et rouges, la joie d’être en route. »

Une marche est organisée vers le mont Saint-Michel du 24 au 29 septembre, avec une traversée de la baie. Renseignement et inscription auprès de l’association des chemins du mont Saint-Michel.

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Marie-Edith Laval raconte l’après Shikoku

Marie-Edith Laval au Salon du Livre de Montmorillon (juin 2015)

Marie-Edith Laval au Salon du Livre de Montmorillon (juin 2015)

Depuis la sortie de son livre en mai 2015 Comme une feuille de thé à Shikoku  sur son pèlerinage à Shikoku, Marie-Edith Laval est sur la route pour des conférences et des dédicaces. J’ai réussi à l’attraper au vol pour lui poser quelques questions sur son expérience de l’hospitalité au Japon, ses rencontres avec ses lecteurs, ses projets.

Pétrie de  zen dont elle pratique quotidiennement la méditation, Marie-Edith rayonne de cette douce et joyeuse lumière intérieure, recueillie au fil de son itinéraire qui l’a menée, en 88 temples, du chemin de l’Eveil à celui du Nirvana !

En bonus,  écoutez Marie-Edith se remémorer un souvenir de prière à Shikoku sur fond de son fameux tchac-gling (son bâton dont elle parle dans son livre.) Elle récite le sutra coeur, qui est psalmodié par chaque pèlerin à son arrivée dans un temple. Autres sons précieux : ceux recueillis par Marie-Edith elle-même lors de son pèlerinage : récitation de sutra et de mantra dans les temples, chants traditionnels… On y est !

 

Marie-Edith Laval avec Tomoyuki à Shikoku (août 2013).

Marie-Edith Laval avec Tomoyuki à Shikoku (août 2013).

Le blog des marcheurs : L’accueil des Japonais t’a fait te sentir une « VIP » : Very Important Pilgrim, raccontes-tu. Pourquoi ? 

Marie-Edith Laval : J’ai été touchée par les rencontres, les hôtes sur le chemin et leur accueil si chaleureux, la tradition émouvante des osettai. Cette tradition est une pratique ancienne du pèlerinage de Shikoku, un principe d’accueil envers le pèlerin et même un devoir religieux d’assistance fraternelle, consistant en des offrandes faites à celui qui est considéré comme un intermédiaire entre les hommes et le Bouddha.

Quelle générosité envers l’hôte de passage ! J’ai vraiment eu l’impression d’être reliée à tous les êtres, tel un maillon d’une chaîne immense.

Auparavant, comme pèlerine, je n’avais jamais été regardée ou accueillie ainsi.
Cette considération et cette prévenance envers le pèlerin ne sont pas réservées seulement aux étrangers. Mais il est vrai que je cumulais un certain nombre d’éléments oeuvrant en ma faveur. Non seulement Européenne, mais en plus Française et qui plus est Parisienne !

De la France, la plupart des Japonais ne connaissent que Paris et le Mont-Saint-Michel. Paris reste pour eux la ville-lumière par excellence. La simple évocation de mon lieu de vie suffisait à donner aux yeux de mes interlocuteurs un éclat aussi brillant que celui des vitrines des bijoutiers de la place Vendôme.

Et en plus jeune femme à la peau blanche, aux cheveux clairs, aux yeux bleus, alors là… cerise sur le gâteau !

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Pierre-Yves Albrecht : « L’homme qui chemine prend contact avec le silence »

Pierre-Yves AlbrechtPierre-Yves Albrecht, philosophe et thérapeute, est le fondateur des foyers suisses Rives du Rhône, des foyers qui accueillent des personnes toxicomanes pour leur proposer un parcours initiatique qui passe, notamment, par la marche dans le désert ou en montagne. Il a développé cette même démarche initiatique pour tous dans le cadre de l’académie Aurore. Il est l’auteur, entre autres, de 40 jours dans le désert (Saint-Augustin, 2000) et de Le Courage de se vaincre (Les Éditions du Relié, 2002). Gaële de La Brosse l’avait interviewé dans le cadre des e-pèlerinages de pelerin.com.

Comment définiriez-vous le silence qui accompagne le pèlerin pendant sa marche ?

Pierre-Yves Albrecht :  Ce silence, c’est l’état de celui qui, dans l’action de la marche, fait l’expérience de l’impassibilité de l’être intérieur. Dans cette qualité de la « pauvre marche » – c’est ainsi que j’appelle l’humble pèlerinage –, l’homme qui chemine prend contact avec ce silence, point de jonction entre l’être et le devenir, où coexistent l’éternel et l’éphémère.

C’est une sensation qui procure au pèlerin une ineffable saveur, une plénitude et une joie sans bornes, et qui le pousse à avancer sur cet itinéraire qu’il voudrait voir sans fin.

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Des clous pour le chemin de Saint-Jacques à Paris

L’association Compostelle 2000, soutenue par l’hebdomadaire Pèlerin,  est sur le point de voir aboutir l’un de ses projets les plus chers : le balisage au sol des rues de Paris avec 350 clous en bronze frappés d’une coquille. L’itinéraire, emprunté par les pèlerins venus du nord de l’Europe,  suit le tracé de la voie de Tours et mesure 10,5 km. Pour devenir réalité, il faut encore que cette initiative, qui entre dans le cadre de“Redécouvrir Paris sur les traces de…”, soit adoptée par un vote du budget participatif de la Ville de Paris. Le vote, ouvert à tous, se tient via internet du 10 au 20 septembre.

On reste à Paris, avec un beau diaporama sonore de Marianne Rigaux pour pelerin.com sur la visite de l’intérieur de la tour Saint-Jacques, habituellement fermée au public. Elle est le point de ralliement des pèlerins qui partent de Paris ou y passent en venant du nord de l’Europe. L’article présente une photo cliquable avec de nombreuses infos complémentaires. A lire aussi : d’autres articles sur le Paris jacquaire.

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La Croix fait découvrir 7 chemins de pèlerinage

 

LaCroix-cheminsPelLe quotidien La Croix a dédié sa série d’été aux chemins de pèlerinage. Un travail fouillé qui permet de découvrir ces grands itinéraires sous l’angle géographique, patrimonial, spirituel, à travers des reportages, des témoignages et des renseignements pratiques.

Interrogés par le quotidien, les évêques des diocèses traversés par ses routes parfois millénaires ont pris la mesure de la dimension spirituelle de ces chemins. Voici quelques extraits signifiants.

 

  • Le chemin vers Chartres de Charles Péguy

« Reprenons comme [les pèlerins du Moyen-âge],  le rythme du pas lent, suggère l’évêque, retrouvons le souffle vital de notre respiration. L’homme croit et prie aussi avec les pieds ! […] Le labyrinthe est à l’image de nos vies de pèlerins ici-bas. Elles ne sont jamais aussi droites que nous les voudrions mais, tout au bout, quelqu’un nous attend bel et bien »
Mgr Pansard, évêque de Chartres.

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Hospitalité vers Compostelle : Louis Janin et le Père Sébastien Ihidoy témoignent

Sur le chemin de Compostelle, deux hospitaliers ont marqué des générations de pèlerins. Louis Janin était hospitalier en Espagne. On le surnommait El Mago (le magicien) pour ses talents de soigneur. L’autre grande figure est un prêtre basque à la poignée de main ferme, à l’accent rocailleux et au regard tendre : le père Sébastien Ihidoy, ancien curé de Navarrenx.

La journaliste Marianne Rigaux a recueilli leur témoignage dans un livre qui fourmille d’anecdotes et de sagesses du chemin dans le livre paru chez le Passeur éditeur : L’hospitalité sur les chemins de Compostelle, de Louis Janin et du père Sébastien Ihidoy.

En annexe, le lecteur apprend à distinguer toutes les nuances du vocabulaire de l’hospitalité et trouvent adresses et conseils pratiques pour devenir lui-même hospitalier sur le chemin de Compostelle.

► Ecoutez ma chronique sur ce livre

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Le programme du 1er forum des chemins de pèlerinage

Santiago et « Gran Zapato » (« grandes chaussures en espgnol »). Santiago s’est attaché à un homme de l’âge de son grand-père maternel, qu’il ne connaît pas. « Nous avons symboliquement reconstruit notre famille », explique Céline. © Céline Anaya-Gautier

Nous en parlions depuis plusieurs années avec Gaële de La Brosse, en charge de la rubrique Chemins de pèlerinage à Pèlerin. Nous rêvions de vivre un moment de rencontres, de témoignages, d’hospitalité à la croisée des chemins de pèlerinage. Quelque chose de simple, de fourmillant comme à l’albergue, le soir à l’étape.

Et puis comme cela se passe souvent sur les chemins, c’est une rencontre qui a rendu les choses possibles.  Il y a un an, une soixantaine de personnes avaient répondu à l’invitation de Constance Lanxade, l’une des animatrices du Forum 104 pour parler du chemin de Compostelle. Gaële était présente et devant l’enthousiasme des participants, l’idée a germé d’organiser ce forum qui s’attache à déployer le sens du cheminement… Et nous y voilà !

Le premier forum des chemins de pèlerinage se déroulera le samedi 20 juin (avec une activité le vendredi et le dimanche). Il se déroulera au Forum 104 à Paris.

Au programme (lire ci-dessous) : projection de films, visite guidée, table-ronde où des pèlerins témoignent, stands pour découvrir plein d’initiatives autour des chemins, temps de méditation et de prière…  utre originalité de la journée — activités pour les enfants, menée par deux pèlerines et un pèlerin de 8 ans dont j’ai souvent parlé ici, Santiago le bien nommé.

> Le compte rendu du 1er forum des chemins de pèlerinage 2015  sur pelerin.com

La page Facebook du Forum des chemins de pèlerinage.

On connait déjà la date du prochain forum : les 4 et 5 juin 2016.

 

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Jean-Pierre Musialowski récolte et partage les photos de Compostelle

Jean-Pierre Musialowski, les photos du Camino

Jean-Pierre Musialowski sur le Camino del Norte vers Compostelle

 

Il recueille et partage les photos du chemin de Compostelle sur son site Les photos du Camino (à ce jour 849 photos de 343 contributeurs). Jean-Pierre Musialowski, 62 ans, père de deux enfants, enseignant spécialisé à la retraite depuis 5 ans, est un sacré marcheur : il a parcouru 16 000 km à pied à partir de la Picardie où il vit.

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Des places gratuites pour le salon de la rando de Paris

Places gratuites pour le salon de la randoDu jeudi 19 au dimanche 22 mars se tiendra à Paris (Porte de Versailles) la 31e édition du Salon des nouvelles randonnées « Destinations nature », visité par 63000 visiteurs l’an dernier. Cette année, ce salon se tiendra aux même dates et dans le même lieu que le Mondial du Tourisme, sur quatre jours au lieu des trois jours habituels.

Nombreux sont les stands qui peuvent intéresser les pèlerins : matériel et équipement de randonnée, nutrition et pharmacie du sport, cartes, livres et magazines, guides et topoguides, etc.

Comme chaque année, le stand « Chemins d’étoiles » sera consacré aux chemins de pèlerinage : chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, du Mont-Saint-Michel, de Chartres, de Saint-Martin-de-Tours, du Tro Breiz, de Saint-Gilles, d’Assise, de Rome, etc. Au programme : information aux visiteurs par des membres des associations ; vente et dédicaces de livres ; présentation du Blog des marcheurs.

Le samedi 21 mars à 17 h, Céline Anaya Gautier et son fils Santiago (8 ans) raconteront leur pèlerinage à Compostelle durant l’été 2014 : 1200 km emplis de surprises, d’humour et d’émotions. Cette conférence sera suivie d’un verre de l’amitié sur le stand « Chemins d’étoiles ».

Du 19 au 22 mars – 10 h – 19 h (fermeture à 18 h le dimanche)
Porte de Versailles – Parc des Expositions (pavillon 4)
Renseignements : www.randonnee-nature.com

Gaële de La Brosse.

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2015 : une année nouvelle pour lâcher prise !

Camino del Norte, près de Colunga. © Gilles Donada

Cher(e)s ami(e)s,

Ce billet pour vous souhaiter un très joyeux Noël, à vous, à vos familles, à vos proches — c’est-à-dire tous ceux qui, sur votre chemin, se sont approchés de vous et dont vous vous êtes approché.

Je vous souhaite une heureuse année 2015 que je voudrais placer sous le signe du lâcher prise. Voici une citation apparue sur mon mur Facebook que je vous partage car je la trouve éclairante et qu’elle correspond à ce quoi j’aspire à titre personnel.

« Le lâcher prise, ce n’est pas ne rien faire. Au contraire, c’est agir — et continuer à agir — de façon volontaire et dynamique, sans s’inquiéter du résultat ; s’occuper de l’avenir sans s’en préoccuper. 

Lâcher prise, c’est renoncer à prouver quoi que ce soit. C’est accepter que l’autre est différent de moi, et que moi, je suis moi, simplement moi, et non celui que j’avais rêvé d’être. 

Lâcher prise, c’est renoncer à faire procès de la vie qui ne nous donne pas ce que nous en attendions. 

A partit du moment où l’on lâche prise, où l’on ne désir plus être heureux à tout prix, on découvre que le bonheur, c’est cette capacité d’ouvrir largement ses mains plutôt que de les laisser agrippées à ce que nous imaginions nous être indispensable. »

 

 

 

 

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Edouard Cortès livre son « esprit du chemin »

« L’esprit du chemin » appartient à la catégorie des « beaux livres ». Il n’y a qu’à soupeser l’ouvrage imposant, contempler les émouvantes photos qui se déploient sur les doubles pages brillantes, lire les notices qui complètent les peintures, cartes et gravures…

La vraie beauté de ce livre réside ailleurs. Un sable invisible s’écoule de ces pages. Chaque grain porte le témoignage de ces 10 000 km parcourus par Edouard Cortès, seul vers Compostelle en 2009, en couple, avec Mathilde, pour leur voyage de noces en « pèlerins mendiants » vers Jérusalem en 2007-2008 ; en famille vers Rome, avec âne, carriole et enfants en 2012.

L’histoire de ces trois grands pèlerinages est accueillie, incarnée, méditée, partagée par ce marcheur d’aujourd’hui qui livre cette confidence en forme de sagesse : « Le chemin le plus long sur cette terre est celui qui sépare ma tête de mon cœur »

L’esprit du chemin, Edouard Cortès, 192 pages, éd. Arthaud. 35 €

Mon avis sur le livre dans ma chronique du 8 décembre En marche sur RCF

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Marie-Claire d’Aligny, celle qui marche dans la couleur

Marie-Claire d'Aligny

Marie-Claire d’Aligny, en 2009, à Kutch, district du Gujarat, à l’extrémité ouest de l’Inde

— Et vous, que faites-vous ?
— Je marche dans le rouge !

C’est par ces mots énigmatiques et poétiques que j’ai fait la connaissance de Marie-Claire d’Aligny, ma voisine de table au cours du repas annuel des voyageurs réunis par l’association Chemins d’étoiles. Un réseau animé par l’éditrice Gaële de La Brosse et l’écrivain Sylvain Tesson.

Il y a quelques jours, j’ai gravi la volée de marches conduisant à son « perchoir », un studio en plein centre de Paris, donnant sur des toits lustrés par la pluie — « comme si l’encre tombait du ciel », relève-t-elle.

Marie-Claire d’Aligny revenait d’un séjour de trois semaines dans le Gers (à Lectoure, étape vers Compostelle) où elle avait extrait, un à un, à la main, les stigmates rouges des pistils de safran. Rouge toujours.

Pour elle, le rouge est beaucoup plus qu’une couleur. En 2012, Marie-Claire a marché des « ocres du Roussillon » jusqu’aux fresques de Fra Angelico à Florence. Deux mois de marche et de bivouac en solitaire.

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Un beau livre : « Compostelle, le livre des merveilles »

Un livre de 160 pages, aux éditions Ouest-France

Compostelle, le livre des merveilles (29,90 €), qui vient d’être publié aux éditions Ouest-France par l’écrivain Patrick Huchet et le photographe Yvon Boëlle, est une encyclopédie vivante du chemin de Compostelle.

Richement illustré, il rassemble des aspects souvent séparés : l’histoire, le patrimoine, la vie quotidienne du pèlerin sur la route, les témoignages.

Un livre qui comblera ceux qui rêvent de partir sur le chemin comme ceux qui y sont déjà partis, et qui retrouve le goût de la route.

Ecoutez mon avis sur Compostelle, le livre du merveille dans ma chronique diffusée le 3 novembre sur RCF.

— Feuilleter quelques pages du livre

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Ultreïa, un somptueux livre-magazine initiatique

N°1 Automne 2014

Tout voyageur, avant d’avoir effectué le moindre pas, a d’abord été, au commencement, un voyageur immobile. C’est à lui que semble s’adresser en priorité le nouveau livre magazine Ultréia, qui vient nourrir ses sens, ses désirs et ses rêves.

Des récits, des photos, des images ancrent nos pieds dans ces terres lointaines et nous révèlent un ailleurs, finalement très proche car il nous interroge et nous ramène à nous-même en faisant vibrer des cordes jusque-là inconnues.

Une fois en marche, notre regard peut s’élargir à des horizons plus larges (spiritualité, philosophie, anthropologie) et aussi plus intérieurs : descendre dans nos profondeurs en méditant sur la sagesse de la vie, qui est un chemin initiatique.

Comme le dit Novalis, dont la citation est placée en exergue de ce numéro 1 : « C’est vers l’intérieur que va le chemin mystérieux ».

Ultréia, trimestriel de 220 pages. Disponible en libraire et chez les marchands de journaux. Prix : 19,90 € . Site : http://revue-ultreia.com

> Ecoutez ma chronique RCF  du 13.10.2014 sur Ultréia

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Werner Van Zuylen a marché 4240 km de Moscou à Compostelle

« Dans une vie éphémère, assume tes responsabilités mais vis tes rêves ». C’est l’exergue qu’a placé le belge Werner Van Zuylen en tête de son livre témoigne sur son incroyable périple de Moscou à Compostelle. Il a parcouru 4 240 km pied et traversé 7 pays pour relier des pays qui étaient auparavant séparés par un rideau de fer et de haine.

> Ecoutez ma chronique sur RCF pour en savoir plus sur son itinéraire.

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