Au départ du « Camí de Sant Jaume » , un monastère surplombe la méditerranée

A une vingtaine de kilomètres de la frontière française, l’une des voies du « Camí de Sant Jaume » (chemin de St-Jacques-de-Compostelle en catalan) commence au Cap de Creus. Il faut gravir la montagne de Verdera pour voir apparaître les tours carrées du l’ancien monastère bénédictin de Sant Pere de Rodes (St Pierre de Rodes).

La vue est époustouflante : adossé à la montagne, le monastère, dont l’apogée se situe entre le Xe et XIV siècle, surplombe les anciennes terrasses où étaient cultivés le vin et les oliviers et, à perte de vue, le bleu profond de la méditerranée. Envie de se poser pour contempler cette immensité apaisante…

Jusqu’à une vingtaine de moines ont vécu ici. L’endroit le plus émouvant pour les pèlerins est le narthex qui formait comme une salle d’accueil et de repos. Le portail, marquant le seuil de l’ église, était couvert de peintures murales très colorées, aujourd’hui disparues car pillées, qui retraçaient les miracles du Christ (les noces de Cana, la résurrection de Lazare).

Pour ceux qui avaient soufferts des intempéries et des attaques des brigands, ce lieu était un lieu de consolation, de restauration physique et spirituelle. « N’ayez pas peur d’entrer, c’est ici la maison de Dieu », encourageait une inscription.

En pénétrant dans l’église, dont la voûte culmine à 16 mètres, ils devaient se sentir soutenu par l’aspect solide et rassurant des huit piliers, surmontés de colonne de style corinthiens, qui portent la nef.

Le déambulatoire leur donnait accès à la crypte (les moines disposaient d’un déambulatoire au-dessus du chœur) où ils vénéraient les reliques de Saint Pierre (sa tête et son bras droit, dit-on), un culte autorisé par une bulle du pape Urbain IV.

Ils prenaient ensuite la route de l’abbaye canoniale de Santa Maria de Vilabertran, à XX km de là. Avant de gagner la plaine, ils devront emprunter les lacets raides et caillouteux de la montagne de Verdera qui mettent à l’épreuve les chevilles et les genoux.

Je conseille aux visiteurs d’aujourd’hui de ne pas entrer tout de suite dans le monastère mais de gravir le petit chemin à droite de l’entrée principale qui permet d’embrasser d’un seul regard le monastère, les collines du cap de Creus et la mer.

Les plus téméraires graviront encore une centaine de mètres pour atteindre les ruines du Castell de Sant Salvador de Verdera, qui se trouve au sommet de la montagne. Ce château protégeait le monastère. Hildesind, le premier abbé était le fils du seigneur du lieu nommé Tassi.

Avant de repartir n’oubliez pas de faire tamponner la crédential avec le sceau que la région a spécialement créé dans chaque ville étape importante.

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