Ces chemins qui ont changé la vie de Dominique Olislaeger et de Ducoeur d’Androlive Nkounkou

Le magazine Pèlerin publie tout l’été une série intitulée « un chemin, un saint, un pèlerin ». Dans les deux premiers numéros, on trouve ainsi le portrait de Dominique Olislaeger qui a rallié Vézelay (Yonne) à Assise (Italie), dans les pas de saint François, et, cette semaine, le témoignage d’Androlive Nkounkou, une jeune styliste lilloise, qui, pour rompre avec sa vie trépidante, est partie sur le chemin de Saint-Martin.

Extraits de « Le chemin de Saint-Martin a changé la vie d’Androlive Nkounkou » (Pèlerin, 07/07/10)

[…] Sitôt partie, elle est séduite par la différence d’atmosphère avec le pèlerinage de Saint-Jacques-de Compostelle. « Cette fois-ci, j’étais vraiment seule », se souvient-elle. Et pour cause. Les pèlerins sont peu nombreux à défiler sur ces routes de Touraine. Oubliés, les gîtes bondés ! La jeune femme doit chercher tous les soirs un endroit où planter sa tente… même si, la plupart du temps, elle peut compter sur la générosité des habitants. Ici, un couple qui, la croisant sur la route, insiste pour lui offrir le gîte. Là, deux retraités qui l’invitent à leur table, trop heureux de pouvoir « enfin héberger un pèlerin de Saint-Martin ».

Enthousiasmée par ces rencontres, la jeune femme n’oublie pas pour autant qu’elle poursuit une quête spirituelle. Entre deux moments de marche, elle redécouvre les Écritures. Bien qu’elle ne prie pas souvent ni ne communie, elle n’aurait pour rien au monde oublié de prendre une Bible dans son sac. Le Livre de Job (dans l’Ancien Testament) retient son attention.

En lisant le récit de la vie de ce serviteur dévoué de Dieu, frappé par des épreuves terribles malgré sa foi, elle s’interroge longuement sur ce qu’elle nomme la volonté divine. « J’ai fait le parallèle entre son histoire et la mienne, dit-elle. Comme Job, j’avais la foi. En partant sur les chemins, je faisais ce que j’estimais bon. Mais, dans les premiers temps de ma marche, mes mauvaises pensées ne me quittaient pas. Je ne voyais pas cette « révélation » que j’attendais tant. J’étais révoltée, je voulais traduire Dieu en justice ! Pour moi, cette simple pensée sonnait comme un blasphème. Mais c’est ainsi que j’ai pu m’approprier le sens de ce récit, et ouvrir mon cœur à la volonté de Dieu. »

À la faveur de ses lectures, elle s’interroge également sur le sens de son parcours. Des questions qui résonnent d’un écho particulier lorsqu’elle croise d’autres pèlerins, et entame la discussion avec eux. Un de ces échanges la laisse désarmée. Serge, rencontré sur la route, lui demande : « Pourquoi veux-tu partir si loin ? Que fuis-tu? » Elle réalise qu’elle n’a aucune réponse à lui apporter, et garde la question dans un coin de sa tête.

Elle continue sa traversée du centre de la France, en direction de l’est. Un mois et demi après son départ, la voilà à demi perdue dans une forêt, non loin de Lyon. C’est là qu’elle décide d’arrêter son parcours. Non par découragement devant les 1 200 km qu’elle doit encore parcourir, mais parce qu’elle est de plus en plus incertaine de sa motivation.

« Cette si longue route n’avait pas vraiment de sens. Je voulais me prouver quelque chose à moi-même. Mais pendant ma marche, les questions que je me posais avaient trouvé leur réponse. J’ai compris que la bonté de saint Martin était dans les choses les plus simples du monde. Dans la chaleur des gens que j’ai rencontrés, dans tout ce qu’ils m’ont donné sans rien demander en retour. L’héroïsme véritable, c’est cette générosité. » […]

Extrait de « Dominique Olislaeger marche sur les pas de saint François » (Pèlerin, 01/07/10)

[…] Toutefois, Dominique et Françoise constatent à quel point il leur a fallu du temps pour accepter les regards méfiants, les portes fermées. « Surtout quand c’était des prêtres qui nous envoyaient promener ! » sourit Dominique.

Certains soirs, de refus en refus, l’itinéraire des deux pèlerins tourne à l’épopée tragi-comique : « À San Gimignano, en Toscane, nous avons été successivement aiguillés vers une communauté de frères salésiens, puis vers une paroisse de la ville haute, puis vers le séminaire, enfin vers un sanctuaire à l’extérieur de la ville.À l’arrivée, épuisés, nous avons réalisé que nous étions revenus sur nos pas. Nous n’étions qu’à 3 km de notre point de départ du matin ! »

Pourtant, l’accueil plein de délicatesse des religieuses reste l’un de leurs meilleurs souvenirs. « Finalement, tout peut être grâce si je sais le lire avec des lunettes fraternelles. Quand on marche dans un esprit de fraternité, on trouve une paix intérieure. Et on devient soi-même porteur de paix pour les autres », commente Dominique.

Cette expérience spirituelle, Dominique a souhaité la mettre à disposition de chacun. Un petit livre est né, complément original aux « topo-guides » du pèlerin. Une balise utile pour ne pas perdre de vue la simplicité franciscaine, car qui sait comment évoluera la route Vézelay-Assise quand ce ne seront plus une centaine de pèlerins par an mais des milliers qui la prendront d’assaut ? L’hébergement payant deviendra-t-il la règle ?

Déjà, dans le milieu des marcheurs, Assise suscite un vif intérêt, certains le présentant comme un anti-Compostelle, un retour aux sources vers un chemin de pèlerinage moins encombré, plus authentique. […]

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Une réponse à Ces chemins qui ont changé la vie de Dominique Olislaeger et de Ducoeur d’Androlive Nkounkou

  1. olislaeger dit :

    Bien que votre pélerinage me fasse beaucoup rêver, l’objet de ce message est la recherche que j’ai faite pour retrouver des « olislaeger ». je sais que François est de la même lignée que moi et je pense que vous aussi. Je suis la petite fille de Marcel Olislaeger et donc, la petite nièce de Caroline Olislaeger. J’habite en Belgique près de Ciney et je travaille à Namur. Mon père,Claude est mort il y trois ans. Il comptait beaucoup pour moi et retrouver des « Olis » comme il disait me ferait simplement du bien. De plus,le peu que je sais de vous via cette vieille tante Caroline et cet internet que j’explore au gré de mes envies,me fait penser que vous connaître mieux serait un simple et véritable enrichissement. En espérant un signe de vous, veuillez reçevoir mes plus sincères salutations. Marcia Olislaeger.

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