Compostelle : notre chemin à travers les Landes

Me voici de retour après une semaine de marche sur la voie de Tours vers Saint-Jacques de Compostelle, entre Blanquefort (Gironde) et Dax (Landes) sur un itinéraire de 180 km.

Voilà six ans déjà que j’effectue, à raison d’une semaine par an, ce chemin avec Emmanuel, un ami d’enfance (nous nous connaissons depuis 30 ans ! C’est avec lui que j’ai découvert le Camino, Cf. ma présentation).

En marche, la chronique180 km à travers les Landes

1000 km avant St-Jacques (Moustey)

J’éprouve toujours une pointe d’envie vis-à-vis de ceux qui effectuent le chemin d’un traite : c’est la voie royale. Cependant, si nous avons du nous organiser ainsi pour des raisons professionnelles et familiales, je dois reconnaître qu’avec Emmanuel, c’est une manière de savourer le camino à petite gorgée : nous savons, chaque année, que nous nous retrouverons sur le chemin. Ce rendez-vous est comme une borne lumineuse dans notre agenda.

Cette sixième édition nous a épargné les grosses pluies (un petit crachin nous a accompagné les premiers jours).

Nous avons appris à marcher sur ces lignes droites de plusieurs kilomètres durant une heure, deux heures ou plus… Les pieds sur le goudron ou dans le sable compact.

Les bois bruissaient des grondements des semi-remorques chargeant leur cargaison de rondins de bois. Nous avons croisé beaucoup d’habitants, sac à la main, explorant de la pointe de leur bâton les fourrets où se dissimulent les précieux ceps.

Nous avons assisté aux acrobaties aériennes des nuages d’étourneaux, et au vol quasi militaire (en forme de flèche) des grues cendrées, piaillant de toute leur force en fendant le ciel vers le Sud.

Et puis, bien sûr, il y a eu ces rencontres avec les hospitaliers (la saison est moins propice aux rencontres avec les pèlerins).

Jean-Bernard, qui est venu nous ouvrir la porte du gîte de l’ancien prieuré de Cayac à Gradignan (au sud de Bordeaux). Il y avait chez lui, comme souvent chez les anciens pèlerins devenus hospitaliers, cette façon, plein d’effusion contenue, de nous souhaiter la bienvenue et de nous dire « bon chemin ».

Au Barp, « chez Elisa », nous avons été accueillis par Mouna. Une merveilleuse « ermite », qui a grandi au milieu des chevaux en Algérie, voyagé en Moyen-Orient et en Asie, a pratiqué l’équitation de compétition, avant de monter un harras (aujourd’hui fermé) dans les Landes.

Dans son salon, aux murs recouverts de croutes de pins, peuplé de Bouddha et de portraits du Dalaï-Lama (« Il faut toujours avoir chez soi un image de quelqu’un de plus intelligent que nous » nous a-t-elle expliqué en citant Alain Minc) nous avons passé une merveilleuse soirée à parler du sens de la vie, de nos relations, de la foi…

A Onesse-et-Laharie, à l’auberge Caule nous avons dégusté la garbure (une soupe de légume agrémentée de manchons de canard confits) en discutant avec les employés d’une société d’installation de fibre optique et un conducteur d’engin dédié à la réfection des routes, passionné par son métier (il fallait l’entendre parler les yeux brillants de « route stabilisée » et « d’émulsion »…)

A Taller, nous cherchions le gîte qui devait nous héberger. Nous n’avions que le nom du propriétaire. Un vieux monsieur nous indique une maison à colombage. Fermée. A quelques mètres de là, nous apercevons une voiture garée devant un petit pavillon. On appelle. Silence. On s’approche. Un homme, cheveux courts, la quarantaine sportive, ouvre la porte fenêtre en souriant. Il tient à la main un livre.

Nous l’interrogeons sur la route à suivre pour gagner le gîte et apprenons qu’il est photographe spécialisé sur le chemin de Compostelle ! Le livre qu’il tient à la main est un guide de Compostelle édité par Rando éditions. Jean-Pierre Rousset, c’est son nom, travaille à moitié en France et aux Etats-Unis (dans le Maine).

Il nous conduit, à travers un chemin d’herbes folles, jusqu’à la maison de Catherine et Christophe Doucet, la cinquantaine, qui vivent et travaillent dans une ancienne fabrique de résine. Elle est peintre, lui est sculpteur. Ils proposent un accueil donativo (libre participation aux frais).

Cet ancien forestier va lui-même chercher ans la forêt chercher les troncs qu’il va travaillé à la tronçonneuse et à la hâche, puis aux ciseaux, en y mêlant le métal. Beaucoup de ses oeuvres sont dotées d’une béance en forme de tabernacle qui dit une autre présence…

Nous passons la nuit dans leur merveilleux petit pavillon, décoré des peintures de Catherine, de scupltures métalliques d’un ami roumain, et doucement chauffé au poele à bois. Le bonheur !

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14/11/2011

4 Réponses pour “Compostelle : notre chemin à travers les Landes”

  1. Redigé par annie:

    Je suis très contente de lire votre témoignage sur la traversée des Landes .
    C’est seule que j’ai vécue cette expérience en Mai 2011 .Ce fut des moment de grandes solitude. Heureusement qu’il y a eu de belles te bonnes rencontres comme par exrmple Elisa qui m’a beaucoup marqué comme vous …
    ou a Onesse-et -Laharie a lauberge Caule, ou A labouheyre cez Jacques et Jacqueline ou on est reçu comme des amis .
    Mon départ est prévu pour le 18 Avril de Dax a Burgos.

    Je me délecte a chaque fois a petite dose du chemin

    Annie

  2. Redigé par Gilles:

    Bonjour Annie,
    Merci de votre message. Votre prochaine étape va vous faire franchir les Pyrénées. J’en rêve avec mon ami Emmanuel, mais je ne sais pas quand nous repartirons. Heureuse êtes-vous et buen camino !
    Gilles

  3. Redigé par FABRE:

    bonjour,je vais partir de MOLIETS vers SANTIAGO le 25 ou 26 MAI par la voie du littoral.J’ai l’experience de mon périple LE PUY/SANTIAGO réalisé l’an dernier en mai/juin 2011;quelques questions sur cette voie:balisage correct?auberges suffisantes? budget plus important sur la côte que sur le CAMINO FRANCES?;merci pour une réponse à mes interrogations …Ultreïa JEAN PAUL

  4. Redigé par FAVREAU Edith:

    Bonjour,
    Je suis à la recherche d’infos concenant le chemin de compostelle qui va de Bordeaux à Soustons, En effet, j’aimerai faire celui-ci, fin juin, sur une durée de 5 jours, voir 6.
    Grand Merci !


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