De retour de Saint-Jacques, Audrey Ferraro publie son roman « Un amour de Camino »

Revue de presse. À 35 ans, la lilloise Audrey Ferraro vient de publier son premier roman, Un amour de Camino.  En s’inspirant de son vécu, elle relate la magie du pèlerinage sur le chemin de Compostelle. Source : Nord-Eclair

(…) A 35 ans, Audrey Ferraro publie son premier roman, Un amour de Camino. L’histoire d’un pèlerinage sur le chemin de Compostelle qui couvait depuis 2004. Elle a vécu l’expérience, a connu les souffrances de la marche mais aussi le bonheur d’échapper au quotidien, de se retrouver face à soi-même pour se poser les vraies questions. C’était en 2001, elle venait de terminer ses études.

« Je suis baptisée, explique-t-elle, mais je ne l’ai pas fait pour une raison religieuse. Je voulais vivre une aventure comme dans les livres. Le chemin de Compostelle a été mon rite de passage à l’âge adulte, après mes études. C’était une transition pour sortir mon nez des bouquins, me mettre un peu en danger. Je voulais trouver l’extraordinaire en quittant mon confort. »

« Ça m’a ouvert les yeux. J’ai compris qu’on pouvait éviter certaines erreurs en se posant les bonnes questions. La société qui m’entoure est-elle ce que je souhaite ? Dois-je accepter tout ce qu’elle me propose ? Est-ce que je veux réinventer le quotidien ? Le pèlerin s’extrait de la société, revient au rythme humain de la marche, avance vers l’inconnu avec un seul change dans son sac… Pour être heureux, il faut vivre dans le présent. Avoir toujours plus ne garantit pas le bonheur. Ce qui m’effraie, dans la société actuelle, c’est la course au profit, à la technologie. »

Dans Un amour de Camino , elle a repris toutes ses notes pour se replonger dans ses souvenirs. Non pas pour en faire un carnet de route, mais pour servir un tout autre dessein, puisant sa force dans la fiction et s’appuyant sur ses acquis d’historienne.

« Le chemin de Compostelle habite tout pèlerin qui l’a parcouru. Il le nourrit de sa magie, de ses rencontres. Mais il est très difficile d’en parler immédiatement. Une fois l’expérience digérée, on est en mesure de la partager. Je l’ai fait à travers l’écriture de ce livre. Ça a été un deuxième chemin, spirituel. Je suis allée au bout de mes forces pour arriver à la fin de cette histoire. Je n’avais plus du tout d’énergie, comme après les 34 jours passés sur le chemin de Compostelle ! »

L’intrigue romanesque s’inscrit dans un cadre réel, très documenté. « Dans un roman, il y a une part de réel et une part de fiction, dit-elle. Je n’aurais pas pu écrire sur le chemin de Compostelle sans l’avoir parcouru. Mais je ne me voyais pas écrire un énième témoignage sur le sujet. En reprenant mes notes de voyage quelque temps après, j’ai replongé dans la magie de Compostelle. J’ai retranscrit ces impressions sur ordinateur et je me suis laissée dépasser par l’écriture. Je suis passée du « je » à « elle », puis à « elle et il » — Ester et Frank.

L’histoire a germé dans mon esprit, elle m’a envoûtée. Une nuit, j’ai rêvé de l’intrigue. Je l’ai écrite à 3 heures du matin ! Quand une histoire vous hante, que des personnages apparaissent et commencent à vous parler, il faut le coucher sur papier pour s’en libérer. »

Les personnages, Ester et Frank, ont quitté leur quotidien pour progresser vers Saint-Jacques de Compostelle partageant épreuves, douleurs et interrogations. L’intrigue débouche sur des révélations bouleversantes et surprenantes. Audrey Ferraro avoue qu’elle ne savait pas où son histoire allait la conduire : « Les personnages m’ont entraînée dans leur aventure. En les suivant, j’ai revécu mon pèlerinage ».

Elle est toujours habitée par son histoire ; ses héros la hantent, évoluent à ses côtés. Au point même de la réveiller la nuit. « Ester n’est pas arrivée au bout de son voyage », s’amuse-t-elle. Le signe d’un nouvel opus ? Aucun doute qu’Audrey trouvera dans ses multiples déplacements de quoi nourrir son imagination…

Source : « Le chemin de Compostelle lui inspire son premier roman« , Mathilde Escamilla Nord Eclair (03/12/11) ; « Audrey Ferraro : romancière du chemin« , Jérôme Champavère, Nord Eclair (12/12/11)

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