Hérault : le chemin de Saint-Guilhem est en train de renaître

Stimulée par le succès du chemin de Stevenson, tout proche, l’association des Amis du chemin de Saint-Guilhem, se mobilise pour ressusciter cette antique voie qui traverse quatre départements :  la Lozère, l’Aveyron, le Gard et l’Hérault.

Depuis juin, cet itinéraire fait l’objet d’un topo-guide « Le chemin de Saint-Guilhem-le-Désert » (n°4834) de la fédération française de randonnée pédestre, qui couvre les 240 km de l’itinéraire GR (numéros 65, 6, 60, 62, 7, 74), soit quinze jours de marche.

Saint-Guilhem-du-Désert, qui est une étape de la voie d’Arles vers Saint-Jacques-de-Compostelle, abrite l’abbaye de Gellone, qui était un haut lieu de pèlerinage au Xème siècle.

→ Article plus récent : « En partant d’Aubrac, découvrez le chemin de St-Guilhem-le-Désert »

« Un plan de promotion pour le Chemin de Saint-Guilhem », Midi Libre (31/10/10)

La troisième assemblée générale de l’association des Amis du chemin de Saint-Guilhem vient de se tenir à Sainte- Énimie. Cette association, présidée par Pierre Muller, conseiller municipal du Vigan, qui a pris ce dossier en charge à bras le corps en 2009, est désormais bien vivante, avec la promotion de ce magnifique itinéraire de randonnée, après l’édition par la Fédération Française de Randonnée d’un topoguide dédié à ce chemin.

Les villes traversées par ce chemin sont Aumont-Aubrac, Nasbinals, Aubrac, Saint-Chély-d’Aubrac, Saint-Germain-du-Teil, Banassac, La Canourgue, Sainte-Enimie, Meyrueis, Camprieu, L’Espérou, Aulas, Le Vigan, Montdardier, Blandas, Navacelles, Saint-Maurice-de-Navacelles et Saint-Guilhem-le-Désert, soit un parcours de 240 km.  (…)

Pèlerinage pour les uns, randonnée pour les autres, un écrin de nature préservée apportera à tous la sérénité de l’itinérance, loin du bruit et de la fureur de l’urbanité. Quant aux nombreux acteurs touristiques concernés, ils seront ravis de l’afflux des randonneurs qui viendront visiter leurs localités et faire revivre cet itinéraire historique de l’ancienne grande draille d’Aubrac et du Camin Romieu de l’an 1000, pèlerinage vers l’abbaye de Gellone à Saint Guilhem-le-Désert. Un site internet verra bientôt le jour avec tous les renseignements possibles sur ce prestigieux Chemin de Saint-Guilhem-le-Désert.

– Les amis du Chemin de Saint-Guilhem
Le siège siège social de l’association est domicilié à la mairie du Vigan, 30120 Le Vigan.
Mobile : 06 81 13 22 67 ; chlem@live.fr
L’association recense les hébergements qui se trouvent autour de l’itinéraire, à 2 km maximum d’éloignement.

Le « chemin de Saint-Guilhem » est une très ancienne voie de communication reliant le Massif Central à la plaine Languedocienne, rappelle le blog de Meyrueis (Lozère).

Quittant les hautes terres de l’Aubrac, ce chemin traverse la région des Causses après avoir franchi le Lot à la Canourgue. Passant par Laval du Tarn et Champerboux, la voie atteint Sainte Enimie où elle passe le Tarn avant d’entamer la rude montée vers le causse Méjean.

Ce plateau est traversé en parcourant le « Camin Ferrat » par le Buffre, Hures, Drigas, le « cros » de Costeguison et le col de la Croisette. Arrivant à Meyrueis par la « costo roumivo », le chemin escalade la massif de l’Aigoual par la forêt de Roquedols et la draille des Commandeurs.

Il rallie ensuite le col de la Serreyrède en passant par l’abbaye de ND de Bonheur, avant de dévaler vers Le Vigan par Montals et la côte d’Aulas. Après avoir franchi l’Arre, l’itinéraire grimpe sur le Causse de Blandas, par Montdardier. De Blandas, le chemin plonge dans le Cirque de Navacelles pour remonter sur le Larzac à Saint Maurice, puis traverse la chaîne de la Serrane.

L’arrivée à St Guilhem le Désert se fait par le chemin des Fenestrelles et l’ermitage de ND de Belle Grâce.

Historiquement, cette voie correspond en partie à une très ancienne draille de transhumance, mais aussi à une antique voie de commerce reliant la Méditerranée au Massif Central. Fondée en 804 par Guillaume, duc d’Aquitaine et comte de Toulouse et cousin germain de Charlemagne, l’abbaye de Gellone connut un essor considérable dans le courant du X ème siècle.

Le tombeau de son fondateur, mort en 812 sous l’habit bénédictin, ainsi qu’une insigne relique, un fragment de la « vraie croix » offerte par l’empereur à son parent, drainaient des cohortes de pèlerins. Placée sur l’un des chemins de St Jacques de Compostelle. Gellone devint très vite un des lieux majeurs de pèlerinage du sud de la France. Manants et têtes couronnées s’y pressent tout au long du Moyen Age.

Le déclin s’amorce vers 1450, puis les Guerres de Religion voient le saccage des bâtiments. Bien qu’amoindri, le flux des pèlerins ne cesse pourtant pas complètement jusqu’à ce que la Révolution Française ne porte un coup fatal au monastère. Au XIX ème siècle, le tombeau de St Guilhem et surtout la « Ste Croix », fêtée le 14 septembre attirent encore les catholiques de toute la région. Sauvé de la ruine totale puis peu à peu restauré et remis en valeur, rendu à la vie monastique par une communauté de carmélites, le couvent de Gellone demeure un des monuments majeurs du patrimoine roman languedocien. (…)

« Randonnée : un chemin relancé sur les pas des pèlerins et des brebis », Midi Libre (10/07/10)

Un nouveau chemin de grande randonnée et son topoguide viennent de sortir en ce début d’été : le Saint-Guilhem allant d’Aumont-Aubrac en Lozère à Saint-Guilhem-le-Désert dans l’Hérault, en passant par l’Aveyron et le Gard.

« C’est un ancien chemin de pèlerinage, le camin de Sant-Guilhem, conduisant du Massif Central à l’abbaye de Gellone, de la montagne à la garrigue méditerranéenne, explique Philippe Chambon, guide et historien basé à Meyrueis, à l’initiative du projet, avec le comité départemental de la randonnée pédestre de Lozère.

Il est jalonné de prieurés dépendants de Saint-Guilhem et d’Aniane, et d’hôpitaux rattachés à la Dômerie d’Aubrac. Il suit une draille (Draille : mot occitan qui désigne le chemin emprunté par le bétail lors de la transhumance) immémoriale, des plaines du Languedoc à l’Aubrac. C’est le chemin des troupeaux de brebis, un itinéraire fabuleux. »

Si le départ a été fixé à Aumont-Aubrac, c’est par commodité pour les marcheurs. En effet, la petite cité lozérienne est labellisée Village étape et possède encore une gare. Il faut compter quinze jours pour parcourir tout le chemin, avec douze grosses étapes. « C’est un parcours de 240 km linéaires, commente Allain Bastide, le président du CDRP 48. Des randonneurs l’empruntaient déjà sans balisage. Nous avons prévu des étapes raisonnables de 18 à 20 km, sans gros dénivelé. Le plus dur est la descente sur Sainte-Énimie et la remontée vers Mas-Saint- Chély sur le causse Méjean. »

En Lozère, une variante de 90 km a été proposée pour donner un peu plus de vie au GR 6 tout proche, de la croix de Rode à la corniche du Méjean, via Banassac et les Vignes. Trois ans de travail ont été nécessaires pour mener à bien ce projet, très attendu des prestataires de tourisme le long de l’itinéraire. Un choix conséquent d’hébergements est ainsi proposé aux marcheurs : du gîte d’étape à l’hôtel en passant par la chambre d’hôte. « C’est toujours très long pour bouger les inerties et convaincre tout le monde, entre les politiques, les payeurs et les bénévoles. D’autant que nous passons dans quatre départements », reprend Philippe Chambon. 5 000 topo-guides ont été édités pour le lancement, pour un coût éditorial de 37 000 €. (…)

-> A voir : le site du guide Hubert Borg sur St-Guilhem, qui détaille l’attrait de la ville et de ses environs.

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5 réponses à Hérault : le chemin de Saint-Guilhem est en train de renaître

  1. Philippe Cournut dit :

    Bonjour,

    Merci de la qualité de votre article.
    J’y es trouvé moulte infos utiles notamment
    le site incontournable à visiter absolument pour la richesse de son contenu:
    http://www.st-guilhem-le-desert.fr
    Je suis grand marcheur devant l’éternel.Un humble pélerin sur cette planète!
    Je vous salue bien!
    P.

  2. François HUMMEL dit :

    Je suis moi aussi ressorti enchanté de la lecture de cet article qui engage vraiment à parcourir ce chemin !

    Merci également à Philippe Cornut d’avoir signalé ce lien ves le site de st-Guilhem.

    Bien cordialement.

    F.H.

  3. François HUMMEL dit :

    Je viens de recevoir le guide de ce chemin et n’ai plus qu’une hâte maintenant, celle de l’emprunter !

    Je le ferai très certainement en mars prochain, me réservant la via Tolosana pour le mois de juin 2012.

    Encore merci pour toutes ces informations.

    Bien cordialement et bonnes fêtes de fin d’année à toutes et tous.

    F.H.

    P.S. Merci également et félicitations à l’office de tourisme de St guilhem pour ses comptétences d’une part et plus encore pour sa gentillesse et sa patience pour répondre aux nombreuses questions que j’ai posées !

  4. bruno FAVRET dit :

    Bonjour, Nous terminerons notre randonnée le chemin de St-guilhem vendredi 20 avril
    prochain.Malheureusement nous sommes pris par le temps et craignions de ne pas bien visiter St-Guilhem et surtout l’Abbaye gellone. Nous partirons de St-Maurice de Navacelle. LE gr 74 passant au ranquas, au Natges et au Mas Aubert.
    En 1995, j’ai effectué également le GR 74 par : le coulet ,Pierre du Coq (682 m), le Mas
    Aubert, le Cap du Ginestet etc.
    Pensez-vous que nous pouvons utuliser ce dernier itinéraire ? Le marquarge ancien GR 74 est-il encore visible ? Merci beaucoup de nous renseigner sur cette partie d’étape.
    Cordialement.

  5. Regele Catherine dit :

    Je cherche un descriptif de l’itinéraire sur le chemin de St Guilhem le désert dans le sens inverse habituel départ: Le Vigan arrivée: St Chely d’aubrac.
    Merci de m’aider
    Cordialement
    Catherine Régèle.

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