La Gironde choie ses pèlerins de Compostelle

La Gironde se découvre au fil de sentiers balisés. Trois voies jacquaires traversent le département, celle de Vézelay, celle de Tours et celle dite des Anglais. Source : Sud-Ouest

Article « Les voies jacquaires« , Florence Moreau, Sud-Ouest (10/08/09)

La randonnée en Gironde passe aussi par les chemins qui mènent à Saint-Jacques-de-Compostelle. Deux voies sur les quatre principales que compte l’Hexagone, traversent le département. Celle de Vézelay, qui, depuis Saint-Avit-Saint-Nazaire, aborde La Réole, Bazas et Captieux, et celle de Tours, qui passe par Blaye et Bordeaux. Une voie secondaire, dite des Anglais, celle de Soulac, suit le littoral atlantique du Verdon à Sanguinet (Landes).

A chaque fois un logo jaune sur fond bleu indique le chemin. Surtout, des traces de coquilles, statues, billettes, des peintures murales, des églises ou des haltes monastiques témoignent de ce passé jacquaire. Sans oublier les hébergements pour les pèlerins : refuges privés ou gîtes municipaux ou familiaux.

La plus fréquentée de ces voies est celle de Vézelay. « De toutes façons, généralement les gens ne s’arrêtent pas aux limites du département. Ils partent an amont et finissent plus loin », commente Jean-Loup, de l’Association des amis de Saint-Jacques-de-Compostelle en Aquitaine et responsable des refuges. Il a déjà fait trois pèlerinages. À Saint-Jean-Pied-de-Port, confluence française des quatre chemins, quelque 33 000 pèlerins sont comptés tous les ans. Ils étaient jusqu’à 500 000 au XIIe siècle !

Beaucoup le font par tronçons. « L’idéal pour être dans le bain est de rester au moins deux semaines », conseille Jany, le président de l’association, qui prépare sa cinquième fois. « Au bout de huit jours, les douleurs disparaissent, le sac et les soucis se font moins lourds à porter. On s’allège dans tous les sens du terme ».

25 % admettent venir pour des raisons religieuses. « À tout le moins, on recherche une certaine spiritualité, explique-t-il encore. Cela reste un chemin chrétien, ancestral. Une voie lactée, un chemin de mystères ». « À la base, nous sommes tous des randonneurs, expliquent les deux hommes. Mais ce n’est pas la même ambiance, le même dépassement physique que dans une randonnée classique. On part plus loin, plus longtemps. De quoi s’interroger sur ses capacités. Et puis c’est plus intime, plus profond en soi ».

Une véritable aventure de deux à trois mois, comme une rupture avec le monde tourbillonnant. « Pas de télévision, pas de portable, pas de journaux. Pas envie, on est dans une autre dimension ». « On dit souvent que celui qui arrive n’est pas le même que celui qui est parti », concluent-ils.

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