Le retour du pèlerin

Marcel Girault, redécouvreur des chemins de saint Gilles, rappelle que dans le pèlerinage l’important, c’est aussi le retour.

« Avec une amie, grande pèlerine de Saint-Jacques (elle a fait trois fois le voyage avec âne et instruments de musique), nous évoquions ce besoin que de nombreux pèlerins ont à vouloir prolonger une aventure merveilleuse en se perdant dans une inutile recherche de coquilles, d’église et chapelles dédiées à l’apôtre, de croix et de chemins de Saint-Jacques. Je dis « inutile » car d’autres l’ont déjà fait, que c’est de bien peu d’intérêt et que ce n’est pas là l’important.

Quelqu’un a dit que le pèlerinage ne s’achevait pas au sanctuaire mais chez soi, car, à moins d’y mourir, on ne reste pas au sanctuaire et toute la littérature médiévale que nous avons dépouillée montre qu’hier, comme aujourd’hui, les pèlerins ne s’attardaient pas ou peu au sanctuaire.

La différence avec autrefois, c’est le retour. Deux mois pour aller à Saint-Jacques à pied. Un ou deux jours pour en revenir par un des moyens modernes de transport. Un peu comme un plongeur qui remonterait sans faire de palier de décompression ! Ce qui manque certainement au pèlerin contemporain, c’est de faire le voyage de retour comme il a fait l’aller, à pied.

Car en agissant de cette façon, le pèlerin prend le temps de refaire lentement le l’écheveau qu’il a défait à l’aller. Il se prépare à revoir les siens, à retrouver le quotidien de sa vie, tout comme il s’est préparé à atteindre le sanctuaire. Tout comme il a fait grandir en lui la soif de l’église à atteindre, but du voyage, il fait naître en lui le désir de retrouver les siens et ce qui fait sa propre sa vie.

Nous avons recueilli le témoignage d’un pèlerin belge qui a fait le retour à pied. Il disait son impatience à retrouver son épouse à mesure qu’il approchait de chez lui, une impatience semblable à celle qu’il avait connue en approchant de Compostelle.

Sans rien perdre de ce qu’il a découvert mais en l’intégrant au quotidien de sa vie d’homme ou de femme, sans chercher à prolonger artificiellement une expérience qui reste exceptionnelle pour chacun…. Avec, peut-être, au cœur, la nostalgie d’une Terre promise, un instant entrevue en atteignant le sanctuaire. »

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