Le slow pèlerinage, c’est tendance !

© S. Massart/ F. Archimbaud

Jadis, les pèlerins de Compostelle revenaient à pied, faute d’autres moyens de transport. Aujourd’hui, alors que bus, voiture, avion, train s’offrent aux pèlerins, certains choisissent de revenir à pied… ou en bateau.

La mode du « slow » (slow food, slow fashion) qui prône la lenteur, le ralentissement, la décélération gagne aussi la marche et le pèlerinage, qui sont déjà des slow démarches.

Le retour qui prend son temps permet de s’accorder des sas de décompression, comme lorsqu’on remonte à la surface après une plongée en eau profonde. Alors que l’aller est aimanté par un but, une destination, un sens précis, le retour nous met face à un sens à trouver en nous-même.

Ce qui, dans un premier temps,  peut être déroutant. «Le Chemin est une grande chose mais le retour en est une autre, témoigne Claude de Savoie. Reprendre un autre chemin, le grand chemin, celui de tous les jours, cela devient trop dur. »

« En découvrant que le chemin physique est le symbole d’un chemin intérieur. A son retour, le pèlerin doit se remettre en route, redonner de la vitalité à cette intériorité », m’explique le Frère Benoît Billot, qui anime des sessions « Le chemin après le chemin« , avec l’association Compostelle 2000

Gaële de La Brosse a approfondi ce thème à travers un témoignage et une réflexion personnelle sur le sens du chemin après le chemin. « On dit parfois : « Jamais je n’y arriverai ». Comme sur le chemin, on a des doutes, on est tenté de faire marche arrière. Mais en même temps que ces tribulations, il y a toujours un événement qui survient pour nous permettre de poursuivre notre route. […] Toujours l’étoile du Chemin nous guide dans notre quête et éclaire notre route.« 

L’arrivée du chemin dévoile un nouveau chemin, c’est ce dont témoignent les pèlerins, interviewés par Gaële de La Brosse pour l’hebdo Pèlerin(« Compostelle : le pèlerinage en mode aller-retour« ),  et dont je parle dans ma chronique RCF (5 mn) du lundi 17 février 2014.

Ainsi, Sylvie Massart et Florence Archimbaud, après avoir effectué le tour du monde à vélo en 2000, sont parties sur le chemin de Compostelle entre 2011 et 2012 :  4000 km parcourus, cinq mois de marche. Sur la carte, leur itinéraire dessine le  signe de l’infini…

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5 réponses à Le slow pèlerinage, c’est tendance !

  1. marcellet dit :

    Bonjour,
    Le départ demande une remise en question qui nécessite un effort; et le retour à la vie dite « normale » est parfois très long
    Mais après l’expérience de ce chemin la vie est plus riche pour toujours
    Amicalement

    Maxime

  2. Anne dit :

    Bonjour Gilles,
    Certes, j’ ai parcouru bien moins de kilomètres que les personnes que vous citez dans votre chronique (puisque partie de Lisbonne et revenue, à pied, jusqu’ à Pau seulement, par le Francès et l’ Aragonès), mais je partage avec elles, les mêmes émotions.
    Des quelques chemins empruntés, ce retour est le plus cher à mon coeur. Il m’ avait été donné d’ arriver à Santiago, tout le reste m’ a été offert en supplément.
    Une arrivée sereine sans aucun souci à s’ occuper de l’ achat d’ un billet . un départ tout aussi paisible, je suis partie quand j’ ai pensé venu le bon moment.
    Sans tension, plus ou moins consciente et contrôlable, comme on peut le ressentir à l’ aller : vais-je pouvoir arriver à Compostelle ?
    Le temps semble infini : on s’ arrête autant de fois que l’ on veut pour parler aux pèlerins croisés (comme nous l’avons vécu, puisqu’ il me l’ a confirmé. avec le pèlerin Antoine qui a laissé un commentaire à la chronique « Julia-Mathieu » et que j’ ai plaisir à saluer ici).
    J’ ai éprouvé une grande joie à les voir tous se diriger vers ce lieu sacré, partageant leurs espérances, implorant saint-Jacques de les accompagner, les protéger jusqu’ à leur arrivée.
    L’ impression, indicible, inexplicable, d’ être porteuse d’ un enseignement spirituel, secret ; d’ une « initiation ». Jamais éprouvée auparavant.
    Beaucoup de pensées pour ces pèlerins des temps anciens qui n’ avaient pas d’ autre moyen de rentrer.
    Une joie, une allégresse, sans impatience pourtant, ou si peu, de pas en pas, à m’ approcher de la famille, des amis, de la maison.
    Plus que sur les autres chemins, je me suis, j’ ai été, « accompagnée ».
    Un chemin de grâce.
    Et puisque on ne se défait pas si aisément d’ une éducation judéo-chrétienne, une grâce si intense que j’ ai souvent pensé : « Mais est-ce que je mérite autant ? »
    Heureusement une amie, à la Foi aussi profonde que pragmatique, répond : « Bien sûr que tu la mérites cette grâce. Tu crois, toi, que le Seigneur les distribue comme cela, inconsidérément ? Oui, tu mérites ! » Soit :))))
    Cette joie éprouvée me guide. Et, voyez-vous, m’ emporte dans des commentaires dithyrambiques, veuillez m’ en excuser, je vous prie !
    Je souhaite à tous de, un jour ou l’ autre, vivre ce retour à pied. Ultreïa !
    Cordialement,
    Anne

  3. Coppex dit :

    Le Slow pèlerinage, nouvelle tendance !
    Je pars dans quelques jours de l’Allier dans cet esprit: lenteur, « être » en chemin, contempler, méditer. Donc la tendance du Slow pèlerinage existe, je l’ignorai ! Et pourtant peut-on être pèlerin et se dépêcher ?

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