Maudits pèlerins de Compostelle !

Revue de presse. Poubelles abandonnées, déjections derrière les fourrés… Plusieurs riverains du GR 65 sont excédés par les mauvaises manières des « pèlerins » de Compostelle qui traversent le Gers. Des comportements, de fait,  bien éloignés de l’éthique du pèlerin et du randonneur. Source : Sud-Ouest.

Article « Pèlerins indélicats « , Emilie Delpeyrat, Sud-Ouest (31/08/09)

Il faudra sans doute plus qu’un défilé des stars devant leur pas-de-porte pour apaiser leur colère. Aux premières loges du passage éclair de Jean-Pierre Raffarin et consorts la semaine dernière, les riverains des chemins de Compostelle n’en restent pas moins obsédés par les mauvaises manières de ces pèlerins qui, aussitôt lâchés en pleine nature, retrouvent des réflexes de Cro-Magnon.

« Les familles installées au bord du chemin ne supportent plus la vue des sacs-poubelles lâchement abandonnés dans un fossé ou les déjections humaines déposées derrière des bottes de paille », déplore le président de la Fédération départementale de randonnée pédestre (FDRP32), Alain Cayau, « les objets qui traînent sont si nombreux qu’ils en attirent même les chercheurs de métaux. Récemment, j’ai rencontré un homme avec sa poêle à frire qui disait préférer le tracé de Saint-Jacques aux plages de la côte, moins rentables ».

Lassé de voir leur carré de pelouse transformé en décharge publique, leur murette prise pour un banc public et leurs fruits dérobés par des mains baladeuses, un couple de Montréal a fini par se résoudre à installer devant sa propre maison un panneau invitant les pèlerins à bien vouloir « passer leur chemin sans s’arrêter ». « Le Conseil général nous en a donné l’autorisation en voyant que les choses s’aggravaient », témoignent les riverains, « entre autres mesquineries, des pèlerins sans scrupules ont osé s’en prendre à notre chien, qui se remettait à peine d’une blessure à la patte ».

Plantée au bord du chemin où défilent chaque jour plusieurs centaines de transhumants, la pancarte leur vaut depuis régulièrement des insultes : « Les pèlerins qui empruntent les chemins de Saint-Jacques parce que ça fait bien sont les premiers à se montrer odieux », poursuit le couple échaudé, « dernièrement, on nous a encore dit de vendre la maison si on n’était pas content ».

Prêt à tous les sacrifices pour mettre fin à leur calvaire, le foyer montréalais a même proposé aux autorités locales de céder un bout de son terrain afin qu’une nouvelle piste, moins préjudiciable à leur qualité de vie y soit tracée. En vain. Le projet mis sur la table depuis un an, n’a encore trouvé aucun écho favorable : « Nous nous sentons très isolés », confie avec amertume le couple de résidants, « on a porté plainte pour le chien, mais, pour le chemin, rien n’a bougé ».

A défaut de pouvoir compter sur le soutien de l’administration et des élus locaux, les riverains se découvrent dans les rangs du monde associatif des alliés inattendus.

Sensibles à leur exaspération, les fédérations de randonneurs et de VTTistes déploient désormais des trésors d’ingéniosité pour encadrer au mieux des amateurs pour lesquels le respect de l’environnement n’est pas toujours la priorité : « Nous avons décidé de distribuer des gobelets payants avec consigne à la clé lors de nos grands rendez-vous », reprend le président de la FDRP 32, « ainsi, les marcheurs ne sont-ils plus tentés de se débarrasser de leurs verres jetables en cours de route ».

Une démarche dont les « fondements pédagogiques » suffisent parfois à désarmer jusqu’aux plus récalcitrants. « Le public est réceptif si on prend le temps de lui expliquer les choses », veut croire le président du club de VTT de Fleurance, Michel Garas, dont l’activisme ne sera pas entravé par les broussailles de l’automne : entre le 1er et le 30 octobre, une association d’insertion mandatée par le Conseil général jouera de la faucheuse pour rendre aux chemins de Saint-Jacques leur capital originel.

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4 réponses à Maudits pèlerins de Compostelle !

  1. ROYON dit :

    Rien ne peut excuser la goujaterie et le sans-gêne de pseudo-pèlerins qui se permettent de surcroît d’insulter des riverains. Que cherchent ces gens sur le chemin de Compostelle?
    Cependant, vu le nombre de personnes qui défilent sur le chemin, il faudrait que les pouvoirs publics (les communes?) installent des WC et points d’eau, comme ils existent ici et là,mais trop rarement. Avec obligation pour les utilisateurs de nettoyer les lieux après leur passage.
    Cordialement AR

  2. OUDOT dit :

    Mme M. Bonjour

    Je viens de passer 2 semaines de pélerinage sur le GR65 / CHEMIN DE COMPOSTELLE dans votre département, en famille. La randonnée et les accueils ont été à la hauteur de nos attentes … à quelques très rares exception près, mais je suis tombé sur votre article de l’an passé affiché au Relais St Jacques de MONTREAL
    « PLUSIEURS RIVERAINS du GR 65 SONT EXCEDES … » Sud-Ouest (31/08/09) => voir PJ
    et je souhaite réagir car son contenu m’apparaît spécieux.

    En 2 semaines de CAHORS à AIRE s ADOUR cet été je n’ai vu aucun sac poubelle « lachement abandonné ». Faites le chemin et vous verrez par vous même.

    Par contre, il est exact que de nombreuses déjections humaines sont présentes dans les sous bois et dans les entrées de champs (c’est inévitable : il n’y a pas de toilettes dans les chemins !) : Mais que sont elles par rapport aux déjections animales d’élevages et sauvages ? Bien peu et nul doute qu’un bon orage les fera disparaître !
    A noter que celles ci sont naturelles et non polluantes, contrairement aux pectisides et autres engrais que l’agriculture intensive impose; Que dire des tas de pneus usagés ou des films plastiques ou bidons divers abandonnés à proximité des exploitations agricoles ?
    … La pollution n’est pas toujours celle que l’on voit !

    Pour ce qui concerne les chiens, très rares sont ceux qui sont venus à notre devant sans aboyer et sans agressivité.
    Nous ne demandons qu’à passer notre chemin, mais les agressions de chiens en liberté sur la voie publique ( eh oui !! c’est de cela dont il s’agit et les animaux sont tenus d’être en laisse sur l’espace public …) sont quotidiennes et nombreuses : Ce sont les « passants » qui en sont les victimes dans leur tranquilité et non pas le contraire.

    Je n’ai pas cheminé sur le GRAND CHEMIN parce que « cela fait bien » : Non Mme M. , on ne fait pas cela « pour faire bien » !
    Nous l’avons fait pour quitter nos quotidiens matérialistes et consuméristes, retrouver des réflexes naturels perdus et le plaisir des choses simples et élémentaires ; Et c’était dûr ( 5, 6 heures, plus … de marche avec un sac à dos de 10 kgs …, sans confort de la journée … ) mais quels plaisirs et quelles richesses en tous points.

    Nous avons vu cette pancarte à MONTREAL … toujours présente depuis 1 an visiblement, et choquante bien sûr; Sans doute est-ce inévitable que devant les milliers de passants, quelques comportements soient dommageables et aient compté.
    Peut-on pour autant généraliser ?
    Il est à noter que quelques 50 m après cette pancate, nous nous sommes faits agresser de très près par 2 chiens hargneux …
    Et c’était quelques 300 m plus loin que nous croisions 2 personnes en train de re baliser le GR ( il s’agit d’un espace public ! ) car le chemin subit des débalisages réguliers …
    Qu’écrirait-on si fatigué du bruit de la circulation , des riverains se mettaient à enlever des pancartes routières ! Ou est le « droit » ?

    Le vrai problème que vous ne soulevez pas dans votre article est sans doute qu’avant l’essort de la randonnée sur le GR65, certains riverains s’étaient « appropriés » l’espace public .
    Le chemin passe parfois entre 2 bâtiments devenus aujourd’hui une même propriété … : Les randonnées se développant, leur tranquilité est devenue moindre …
    Mais on parle d’ espace public quand même ; et de marcheurs, pas de motards pétaradants ou de camions bruyants et vibrants !…

    Vous remerciant de publier ma réaction dans son intégralité à l’occasion

    Bonne réception, bien cordialement
    Jean-Marc OUDOT

  3. Le Corre Camille dit :

    Pour avoir parcouru le Chemin du Puy-en-Velay jusqu’à Fisterra en 58 jours du 4 mai au 30 juin 2009. J’atteste que la traversée du département du Gers est souvent débalisé,mal entretenu ( boueux avec des endroits impraticables sans se détourner du GR 65) avec des pancartes de divers propriètaires pour le moins désobligeantes ( photos à l’appuies ) ! ….Que je n’ai jamais rencontré même sur la partie Espagnole.Et désolé mais j’ai de la famille dans Gers !!!!!Je signale entre autre,qu’un « vrai pélerin « avec pour tous bagage un sac à dos de 10 à 13 kg, n’as que des objets indispensables qu’il évite de perdre ou de jeter dans la nature,qu’il respecte en général !!!!!(Que ceux qui ne savent pas ce que s’est de faire 1600 km en autonomie totale, évitent de dire n’importes quoi !!!! ) Désolé , Merci !!!!

  4. roguidine dit :

    Bonjour,
    je confirme ce qu’a écrit Camille, quand nous avons fait les montagnes pour arriver à Roncevaux ( en septembre 2011) ……. pas un papier ne trainait , rien, mais rien du tout, je pense que les pèlerins sont respectueux ( enfin certains peut être aussi …..)

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