Patrick Lasseube a rallié Santiago de Compostela en 48 jours

Patrick Lasseube, Miek, Hollandaise et Anna Maria, Islandaise, sur le parvis de la cathédrale./photo DDM

Revue de presse. Saint-Lys (Haute-Garonne). Patrick Lasseube vient de réaliser un rêve, celui de rallier à pied Saint-Jacques de Compostelle. 1 300 km en 48 jours. Interview. Source : La dépêche.

La Dépêche : Comment décide-t-on de partir et quelles en sont les raisons ?

Patrick Lasseube : C’est l’accomplissement d’un vieux rêve, d’une décision qui a mûri en moi depuis une dizaine d’années. Quant aux raisons elles sont de trois ordres : un défi lancé à moi-même, l’envie de mieux me connaître, d’aller aux limites de ma résistance physique et morale, moi qui ne fais aucun sport et qui partais seul faire 1 300 km en 48 jours de marche.

Besoin de faire une rétrospective intérieure et enfin, réfléchir sur les origines de l’humanité à travers la relecture des symboles de l’art roman qui jalonnent ce chemin plus que millénaire.

Pourquoi avoir choisi le chemin de Saint Jacques de Compostelle ?

Sur cette voie européenne, comme le veut la tradition, je suis parti de chez moi, j’ai rejoint la voie d’Arles au plus près de Saint-Lys c’est-à-dire à Giscaro dans le Gers. J’ai suivi l’itinéraire d’origine en franchissant les Pyrénées au col du Somport avant de traverser toute l’Espagne en passant par Raca en Aragon, Burgos en Castille, Léon, la Galice…

Le tracé existe depuis plus d’un millénaire, c’est un simple chemin de terre où chacun fait son propre chemin. C’est un chemin spirituel et non un chemin de randonnée pour défi sportif. L’on y retrouve la fraternité des voyageurs qui viennent du monde entier sur un même pied d’égalité et en toute liberté de conscience.

La plus forte émotion ?

En fait, il y en a eu deux. La première forte émotion ressentie, c’est au moment où j’ai posé à mon tour, comme le veut la tradition légendaire qui remonte au-delà de la chrétienté, ma pierre au pied du lieu-dit de « la Cruz de Ferro ». Aujourd’hui quand on gravit l’immense tas de cailloux, on ne peut s’empêcher de penser aux milliers de voyageurs qui ont fait ce même geste depuis la nuit des temps.

Le temps fort est celui de l’arrivée sur le parvis de la cathédrale de Santiago. Là, les pèlerins qui s’y retrouvent après avoir partagé de longues semaines de marche s’étreignent durant de longues minutes en grande fraternité: le but est atteint.

Que vous reste-t-il aujourd’hui ?

A Santiago, chaque voyageur, sur présentation de son carnet de pèlerin qu’il a pris soin de faire tamponner à chacune de ses étapes, se voit remettre la très officielle « Compostellae ».

Un document rédigé en latin qui atteste bien que « Patricium Lasseube » est reconnu en sa qualité de pèlerin. Ce sont aussi plus de 800 clichés photographiques et deux carnets de notes qui seront exploités ultérieurement.

Source : « Saint-Lys. P. Lasseube sur les chemins de Saint-Jacques« , La Dépêche (26/06/11)

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