Poitou-Charente : une étape vers saint-Jacques

Revue de presse. Pendant la saison estivale, le canton de Saint-Savinien (Charente-Maritime) voit défiler un grand nombre de marcheurs et certains, souvent solitaires, n’ont rien à voir avec les associations de randonneurs ; il s’agit simplement de pèlerins en route pour Compostelle. Source : Sud-Ouest.

Extraits de « Sur la route de Saint-Jacques« , Sud-Ouest (15/07/09)

[…] Les pèlerins empruntaient quatre itinéraires. Celui qui venait du Danemark en passant par Paris, Poitiers, puis Bordeaux et Saint-Jean-Pied-de-Port avant de franchir les Pyrénées, traversait la Charente-Maritime du nord au sud.

Les pèlerins qui arpentent le canton suivent la via Turonensis, dite voie de Tours. Le Grand Chemin de Saint-Jacques, qui traverse la Saintonge du nord au sud, suit la route romaine. Après être entré en Charente-Maritime par la Villedieu, il passe par Aulnay, Varaize, Saint-Jean-d’Angély, le château de Beaufief, Fenioux, Taillebourg, Saintes, Pons, Saint-Genis-de-Saintonge, et le Petit-Niort, avant de descendre vers Bordeaux. Le Conseil général de la Charente-Maritime a d’ailleurs retracé et aménagé un chemin champêtre de 140 kilomètres afin de suppléer à l’ancienne route romaine, désormais route départementale à grand trafic.

Les pèlerins d’aujourd’hui suivent tous fidèlement un chemin bien précis mais n’ont cependant pas tous conservé les attributs qui les rendaient facilement reconnaissables.

Le sac à dos et le bâton de marche en aluminium ont remplacé la besace et le bourdon. Bénis avant le grand départ, la besace et le bourdon constituaient, au Moyen Âge, les deux éléments caractéristiques du pèlerin. Le bourdon (bâton) était destiné à l’aider à la marche, le défendre « contre le loup et le chien », et symboliquement, contre les pièges du démon.

Quant à la besace, elle contenait la maigre pitance du marcheur. Dotée d’une forte valeur symbolique, elle est étroite car, pour subsister, le pèlerin met sa confiance en Dieu et non dans ses propres ressources ; elle est en peau de bête pour lui rappeler qu’il doit mortifier sa chair et enfin, elle est toujours ouverte, pour donner comme pour recevoir.

Solitaires ou en petits groupes, à pied, parfois à vélo ou avec un animal de compagnie, les pèlerins suivent leur chemin par tous les temps. Il n’est pas interdit de leur offrir l’hospitalité ; en revanche, inutile d’arrêter son véhicule en catastrophe pour les prendre en stop, ils font leur route à pied et il ne faudrait pas les confondre avec les participants d’un certain jeu télévisé.

Suivez le fil info du marcheur sur Twitter

Ce contenu a été publié dans Compostelle, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.