Que représente le bourdon (bâton) du pèlerin ?

Le bourdon, c’est le bâton de pèlerin, le compagnon de route qu’on personnalise, qui nous porte, nous soutient, nous défend contre les dangers. A quoi sert-il ? Quel est son sens ? En quel bois est-il fabriqué ? Quelle est sa symbolique ? Ecoutez ma chronique de ce lundi 13 mai 2013 sur RCF.

■ Le centre de recherche sur la canne et la bâton, site collaboratif, décrit avec précision le bourdon d’antan. « Les plus anciennes représentations des pèlerins médiévaux nous montrent des bourdons assez petits, à taille humaine : ce sont des bâtons de marche. Puis le bourdon devient beaucoup plus grand, souvent comme le pèlerin lui-même. Muni d’une extrémité ferrée, il est à la limite du bâton et de la lance. Il comporte alors deux pommeaux superposés, l’un à l’extrémité et un autre plus bas. Il est à la fois un outil de marche et une arme défensive, contre les animaux et les hommes hostiles. »

« Grâce de Dieu rendant au pèlerin son bourdon », Pèlerinage de vie humaine/Pèlerinage de l’âme, par Guillaume de Digulleville Titre, 14e s., Aix-en-Provence

■ Les hospitaliers de Webcompostella nous redonnent le sens symbolique et mystique du bourdon. La remise du bourdon marque le rite du départ du pèlerin vers Compostelle. La bénédiction rappelle les deux dimensions (physique et spirituelle) de ce bâton :

« Reçois ce bâton, réconfort contre la fatigue de la marche dans la voie de ton pèlerinage, afin que tu puisses vaincre toutes les embûches de l’ennemi et parvenir en toute tranquillité au sanctuaire de Saint Jacques et que, ton but atteint, tu nous reviennes avec joie par la grâce de Dieu. »

■ Certains pèlerins achètent leur bourdon (lire plus bas), d’autres le cherchent ou se laisser trouver par lui. Ainsi, Bernard Gibon, qui a marché de Séville à St-Jacques-de-Compostelle (Via de la Plata) est allé le choisir dans la forêt.

Le bourguignon Alain Lequien raconte sa rencontre avec son bourdon. « Le hasard ou le destin va le placer sur mon chemin. Alors que je parcourais les dénivelés du Val Suzon situé au nord de Dijon, afin de me préparer physiquement, le dimanche 19 février 2012, lors de la descente un peu difficile dans un chemin gorgé d’eau, il était là, en travers du chemin et faillit me faire tomber. On aurait dit qu’il m’interpellait en me disant : « Prends-moi, je suis celui que tu recherches pour ton pèlerinage ». (…) Ce morceau de chêne légèrement tordu, plein de nœuds, à la longueur idéale m’a plu. Il était moche d’aspect, recouvert d’une écorce grise avec des tâches jaunes. Qu’importe, ce qui important, c’est qu’il soit là, et j’avais à peine deux mois pour transformer ce morceau de chêne de prés d’un mètre cinquante de hauteur, idéal pour ma taille (1,74 mètres). »

■ Jean-François Demange, installé près de Saint-Jean-Pied-de-Port, fabrique une centaine de bourdons par an pour les pèlerins dans les règles de l’art (choix du bois, coupe, séchage, etc.). « Ce qui fera leur véritable valeur, ce sera la marche, l’usure de votre main, la pluie et le soleil, la patine du temps. Et n’oubliez pas de les faire bénir au départ ! », explique-t-il sur pelerin.info. Il a succédé à l’ébéniste Charles-Henri Ravanne, qui rappelle l’histoire du bourdon.

Le  site de fabrication Jean-François Demange : bourdon-pelerin.com.

Partagez !

Suivez le fil info du marcheur sur Twitter

Ce contenu a été publié dans Compostelle, Randonnée. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.