Québec : l’abbé Gérard Marier, 82 ans, s’est converti à une « plus grande tendresse » sur le chemin de Compostelle

Voilà un homme qui s’est mis à l’écoute et à l’école de la sagesse du chemin, me suis-je suis exclamé après avoir lu et regardé le témoignage de  Gérard Marier, un prêtre québécois de 82 ans, qui a parcouru, cet été, 300 km en trois semaines, de Burgos à Saint-Jacques-de-Compostelle. L’interview qu’il a accordée à la journaliste Hélène Ruel de La Nouvelle Union recèle de nombreuses pépites. J’ai retenu les extraits qui me semblent les plus goûteux.

« Dans ma vie, j’ai beaucoup appris par les livres. Je ne pensais pas qu’on pouvait en apprendre autant par les pieds, par ce mouvement si simple et répétitif des pieds!», dit l’abbé Marrier

(…) Au dernier jour de son pèlerinage, le 19 septembre, au terme d’une longue marche de 6 heures et demie, l’abbé Marier dit avoir pleuré devant la cathédrale. Bouleversé de reconnaissance.
« J’ai fait quelque chose par la grâce de Dieu », dit-il. Tout au long de sa randonnée, l’abbé Marier, parfois à l’écart du groupe, priait Dieu. Lui demandant le souffle, la puissance et l’énergie selon qu’il devait monter, descendre ou avancer sur des plateaux de chemin graveleux.

« J’ai déployé beaucoup d’énergie avec la carte de crédit de Dieu, dit encore l’abbé Marier. J’ai le sentiment qu’en septembre, je suis passé de l’automne à l’été. Comme si tout mon paysage intérieur avait changé. »

On peut entreprendre ce fameux pèlerinage pour toutes sortes de raisons, précise-t-il. »Pour relever un défi, pour vivre des vacances différentes, par curiosité. Une chose est sûre. On ne se méfie jamais assez du pouvoir de conversion du Chemin de Compostelle. »

Mais à quoi, avez-vous été converti, vous, l’abbé Marier?  « J’ai été converti à une plus grande tendresse », répond-il. Le Chemin est une école, poursuit-il, où l’on apprend que, foncièrement, l’homme et la femme sont des êtres en marche qui se mesurent à des défis. « Avec simplicité, mais détermination… tout cela afin de se connaître. »

(..) En quatre mois, tous les jours, sans relâche, le prêtre s’est entraîné en vue de son pèlerinage. Il marchait pendant une dizaine de kilomètres soit vers Princeville, soit vers Warwick ou encore autour du réservoir Beaudet à Victoriaville. Il a dû troquer ses éternelles sandales contre de bons souliers de marche.

Mais la nature du camino francés n’a rien à voir avec les belles pistes cyclables d’ici, a-t-il vite constaté. Le chemin est pierreux et il y a des montagnes à monter… et à descendre. « Je n’y suis pas allé pour prouver quelque chose, mais pour éprouver quelque chose. »

Lui revient en mémoire ce mot de Saint-Exupéry, dans Terre des hommes : « La terre nous apprend plus que tous les livres sur nous. Parce qu’elle nous résiste. »

Sur la route, Gérard Marier n’avait de cesse de penser qu’il mettait son pied là même où, depuis un millénaire, d’autres milliers de pèlerins sont aussi passés. « Oui, c’est vrai, on pourrait aussi faire un tel pèlerinage au Québec. Mais il n’y aurait pas la profondeur historique du Chemin de Compostelle. Et ici, les pistes sont très faciles! »

Il rassure les parents qui s’inquiètent de voir partir leurs enfants vers Compostelle. « Il n’y a aucun danger, même pour une fille seule. Au Moyen Age, on faisait son testament avant de partir, tellement c’était périlleux. C’est très sécurisé aujourd’hui. »

Cette longue randonnée lui donne à penser aux gens de son âge. « Je pense que les gens de mon âge ne prennent pas assez soin de leur corps. On voit des gens entrer debout au CHSLD (Centre d’hébergement et de soins de longue durée) et se retrouver dans un fauteuil roulant, six mois plus tard. Je me suis dit qu’il me fallait faire Compostelle avant de rouiller. » (…)

 

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1 réponse à Québec : l’abbé Gérard Marier, 82 ans, s’est converti à une « plus grande tendresse » sur le chemin de Compostelle

  1. Fernande Strub dit :

    Coucou cher Pèlerin,

    Je reviens de Compostelle avec mon mari, nous avons fait 1000 km depuis le 1er septembre pour arriver à Santiago en 40 jours.

    Nous avons beaucoup apris sur le chemin et nous continuons toujours a recevoir beaucoup. Nous venons d’être à la retraite tous les deux, et avons désiré faire ce chemin ensemble pour une nouvelle vie à deux.

    Merci Seigneur de nous avoir permis d’y arriver.
    Bravo à vous cher Père Gérard

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