Les Néandertaliens marchaient comme les hommes d’aujourd’hui

Revue de presse. La reconstitution de la marche des Néandertaliens ne fait apparaître aucune différence notable avec celle des hommes actuels, hors, peut-être, une robustesse et une puissance légèrement supérieures. Source : Pour la science.

« La marche néandertalienne reconstituée« , François Savatier, Pour la science (13/10/10)

Le LABO, c’est-à-dire le Laboratoire d’anatomie, biomécanique et organogénèse de la faculté de Médecine de l’Université Libre de Bruxelles vient de démontrer que les Néandertaliens marchaient comme les hommes modernes. A priori, la question paraît curieuse, car lorsqu’ils furent contemporains, Homo neanderthalensis et Homo sapiens eurent des modes de vie proches : celui de chasseurs-cueilleurs. Ils devaient donc marcher beaucoup, et même courir.

(…) Le marcheur néandertalien virtuel a la même amplitude articulaire qu’un marcheur actuel, très supérieure à celle des bonobos. Tous les comportements des différentes composantes de la jambe sont en adéquation avec le fonctionnement d’une jambe moderne. Cela dit, à taille égale, le squelette néandertalien reconstitué suggère une robustesse plus élevée que celui des humains modernes. Cette robustesse constitutive entraîne un placement différent de nombreuses insertions musculaires.

Les chercheurs ont constaté que ces placements mettent les muscles en situation d’exercer des couples parfois nettement plus importants sur les articulations que dans la configuration moderne. À puissance égale, un Néandertalien dépensait moins d’énergie mécanique, explique ainsi Serge Van Sint Jan. Dans un environnement froid où se procurer de la nourriture était difficile, cela a pu représenter un avantage. Il est cependant difficile d’en être sûr, car cela dépend de l’efficacité physiologique du corps néandertalien, qui n’est pas connue.

Pour autant, l’agilité de la jambe dépend aussi de l’entraînement et du cerveau qui la contrôle. Il est donc probable que puisque la fonctionnalité des jambes des deux espèces sont comparables, les hommes modernes contemporains des Néandertaliens présentaient une mobilité similaire.

Du reste, un autre facteur – l’usage de chaussures – a pu jouer un rôle : Erik Trinkaus, de l’Université de Washington à Saint Louis, aux États-Unis, pense avoir mis en évidence que les phalanges des petits orteils sont devenues de plus en plus graciles au cours d’une période allant du début du Paléolithique supérieur (il y a entre 35 000 et 8 000 ans) jusqu’à l’époque moderne. En outre, cette tendance s’est accentuée alors que les Européens devaient endurer un climat plus froid, constatation qui expliquerait le port de chaussures. En effet, celui-ci atténue la réaction du sol supportée par le petit orteil, ce qui expliquerait l’évolution de la forme de ce dernier. Puisque la jambe néandertalienne fonctionnait comme la jambe moderne, il est probable (même si cela n’est pas prouvé!) que le pied néandertalien, comme le pied moderne, avait aussi besoin de se protéger du froid…

Dès lors, même si le mocassin n’est attesté que depuis quelque 12000 ans par une trace de pieds chaussés dans la Grotte de Fontanet en Ariège, il est vraisemblable que les Néandertaliens, qui ont traversé trois glaciations, l’avaient déjà inventé, et que cela influa sur leur mobilité…

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