L’homme Qui, poète mendiant des mots

L’homme Qui est un étonnant voyageur. Et dans son cas, il ne s’agit pas d’une formule. En 2001, cet homme, aujourd’hui âgé de 30 ans, a décidé de partir faire le tour du monde en ne vivant que de ses vers et de sa prose.

« Il ne possède ni domicile, ni compte bancaire, ni téléphone, etc. et ne vit que de la vente, ou du troc, de ses mots, ou de quelques autres services à la portée de son seul verbe », raconte Olga qui l’a croisé lors du Printemps des poètes.

Il publie sur son blog Toursdemots / L’homme Qui le récit de ses 8 premières années. On peut aussi le suivre pas à pas sur Twitter sur Myspace.

Ses mots sont forts et goûteux. Voici un extrait intitué :

«  14. Que je parte »

Le dedans d’une maison, quand c’est bien fait,

c’est comme l’intérieur de la tête.
On peut y penser.

Entasser ses idées.

Décorer l’odeur de projets.

Ou préparer des rêves.
On peut s’y plaire. Quand c’est bien fait.
Mais moi, j’aime entrer. Sortir.

Et de ma tête aussi.
Voyager sans affaire, sans porte.

Mais des fenêtres! Sinon de celles qu’on invente,

au moins les distances qu’on traverse.
Or, pour ça, y a pas photo.

C’est sans maison le mieux!
Etre habité par une passion sans cloison.

Et en devenir l’habitat.

La liberté et l’horizon.
Les yeux qui s’ouvrent c’est.

Le ciel et la Terre qui s’écartent.

L’air et les vents qui s’enlassent.
C’est un accouchement du monde…
Enfin mettre bas le haut.

Baisser les cieux.

Et voir augmenter la nature.
Les bras du sol, ses jambes en l’air.

Tout est ouverts, au bout.
Lorsque le monde vient au monde…

C’est indolore.
Un précieux bouleversement qui dés le début est sans fin.
Mais le décrire ne suffit pas.
Il faut une montagne, un nuage sur arbre.

Le coude d’une rivière, les lacets de la route.

Tout ce qui pleut.

Et, gorgé de lumière, ce qui pousse.

Des sommets, et des pieds de collines.

Le ciel moucheté d’une forêt.

Un rocher plat dans l’eau.

Les travers champs qui acheminent.

Il faut.
Et marcher tous les paysages. Là.

Il le fallait.
Et demain aussi, il faudra.
La ligne de mire. Le mirage.

Un pont d’où mirer son visage.

Le point-levis d’une spirale.
Et le départ d’un virage.

La mousson redoublait.
Mon visa s’achevait.

Demain,

j’étais déjà sur la frontière.

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2 réponses à L’homme Qui, poète mendiant des mots

  1. la voisine d'à côté dit :

    Magnifiques, ces vers de « l’homme Qui » ! Cela déplace, cela aère. Une brise de printemps qui donne une folle envie de prendre la route. Merci de nous les avoir fait découvrir.

  2. La poésie est voyage.

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