Paris : pourquoi Sylvain Tesson a choisi la solitude

« Solitude, mon choix le plus doux », c’est l’intitulé de la conférence exceptionnelle que l’explorateur et écrivain Sylvain Tesson donne jeudi 14 mai 2009 à 19h30 à l’Institut océanographique de Paris (5ème).  Il vient de recevoir le Goncourt de la nouvelle pour son recueil « Une vie à coucher dehors » (éd. Gallimard).

En 1997, il a effectué la traversée de l’Himalaya à pied : 5000 kilomètres en 6 mois du Bhoutan au Tadjikistan. Il traverse ensuite les steppes d’Asie centrale à cheval avec Priscilla Telmon. Après plusieurs voyages humanitaires et d’études archéologiques en Afghanistan (en 2001), c’est en solitaire qu’il repart en 2003 et 2004, pour un périple de 9 mois sur les traces des évadés des goulags soviétiques.

« Il  y a la belle solitude, douce et fertile qui ressemble à un retranchement sous les arbres, sur le dos d’un cheval, dans les livres, dans les pensées, écrit Sylvain Tesson. Le solitaire heureux séjourne en pleine nature et renoue l’antique conversation interrompue avec le Vivant.

Il contracte le syndrome de Saint François d’Assise qui mène à s’adresser au scarabée, à la fougère et au renard comme à des frères. Et le mieux c’est que le scarabée, la fougère et le renard le comprennent et lui répondent.

La littérature du goulag fourmille d’exemple de prisonniers sauvés du néant par la visite d’un oiseau ou la contemplation d’un insecte. Le corps de l’ermite a beau se tenir seul, dans sa grotte, sa hutte, sa thébaïde ou sa tour d’ivoire, son esprit, lui, se situe au centre d’une toile dont chaque fil de soie s’insère dans le souvenir d’un être aimé, laissé sur un lointain rivage. Une foule bienveillante et bruissante peuple son crâne.

Combien de solitaires sont d’inépuisables bavards. Seulement c’est par la pensée qu’ils s’adressent aux autres. Le silence, qui est le cousin germain de la solitude, permet de percevoir l’écho d’un chant inconnu qui vient du fond de soi et que le brouhaha des sociétés étouffait jusqu’alors.

L’existence du solitaire, débarrassée des impératifs et des faux-semblants de la conversation se consacre entièrement à déchiffrer les signaux, les symboles, les énigmes que le monde envoie à la surface des choses. Le cosmos s’adresse aux discrets veilleurs de la nuit, aux sobres vigies solitaires.

La solitude est apparente. Les coureurs des bois, les racleurs de désert, les vagabonds enchantés savent qu‘il y a toujours un interlocuteur à qui s’adresser lorsque le cœur trop gonflé ne peut retenir les épanchements : une escadre d’oies joyeuses, la surface d’un lac, un nuage aimable, un être disparu, la page blanche de son carnet. En ville, on appelle cela « parler tout seul ». C’est très mal vu. »

Sylvain Tesson : Solitude, mon choix le plus doux
Conférence de l’explorateur autour de ses voyages en solitaire

Jeudi 14 mai 2009 à 19h30

Lieu : Institut Océanographique
195 rue Saint-Jacques
75005 Paris

Tarif :  10 euros
Places réservables : 274/300
Places disponibles sur place : 200
Réserver sa place maintenant.

Le déroulé de la soirée
* Début projection du film « Les chemins de la liberté » : 19h30
* Conférence de Sylvain Tesson : 20h30 à 22h00
* Questions du public : 22h00 à 22h30
* Dédicaces de Sylvain Tesson : 22h30 à 23h00
* Fin de la soirée : 23h00

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1 réponse à Paris : pourquoi Sylvain Tesson a choisi la solitude

  1. doncieux dit :

    formidable le livre de sylvain tesson,je dévore ce bouquin depuis 3 jours,passionné par la russie , il me semble être las bas magnifique

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