Au Luxembourg, les « sentiers rouges » forment une exposition à ciel ouvert

Revue de presse. Luxembourg. Depuis 2003, plusieurs communes du sud du pays permettent à des artistes d’installer des œuvres sur les sentiers de randonnée. Konscht am Bësch, devenus Sentiers rouges en 2005, recevra à nouveau cinq artistes du 11 au 25 septembre. En attendant leur venue, une visite guidée des anciens projets s’impose. Prochaine rendez-vous le 23 août. Source : Le Quotidien.

Article : Exposition: L’art sur le sentier, France Clarinval, Le Quotidien, 06/08/09

Il faut être attentif aux détails dans le paysage, lever le nez et s’ouvrir l’esprit pour découvrir les diverses facettes des interventions des Sentiers rouges. Ce projet culturel et social du sud du Luxembourg propose chaque année à des artistes de poser un regard critique sur le patrimoine de ce territoire particulier.

À la base, Sentiers rouges se déploie sur un réseau de circuits balisés existants des CFL, qui relient les communes de la région Sud. Ces sentiers ont tous un point de départ à une gare (donc dans un environnement urbain). Ils se poursuivent dans des paysages naturels pour finalement rejoindre la ville avoisinante. Ces chemins, désormais balisés «Sentiers rouges», constituent des véritables lieux d’exposition à ciel ouvert.

Depuis 2003, Sentiers rouges accueille chaque année pendant deux semaines au mois de septembre des artistes du Luxembourg et de la Grande Région en résidence de production. Les artistes, proposés par des centres d’art de la région, sont invités à réaliser une œuvre qui sera ensuite installée le long des sentiers et restera visible aussi longtemps que possible.
«C’est un des défis de l’art dans l’espace public», note Natacha Wagner, une des responsables du projet, «entre les détériorations naturelles, le vandalisme et les problématiques d’autorisations, peu d’œuvres restent au-delà de quelques mois». Cependant, certaines œuvres sont là depuis le début de l’opération comme les araignées métalliques de Solange Wozniak à Schifflange.

L’intérêt du projet n’est pas seulement d’offrir une place à des artistes mais bien de traiter la région sous toutes ses facettes, les aspects historiques, culturels et industriels au passé, présent et futur ainsi que la diversité et la richesse de la population. Il s’agit aussi d’offrir des échanges culturels permettant d’associer plusieurs publics: les promeneurs bucoliques comme les cultureux urbains.

Outre l’invitation d’artistes professionnels et internationaux, un volet pédagogique est développé avec les associations locales, les maisons de jeunes et les ateliers de loisirs pour enfants. «Permettre aux enfants d’appréhender l’art contemporain est aussi une de nos préoccupations.» L’implication sociale des Sentiers rouges est une composante essentielle du projet puisque c’est le réseau des CIGL (Centre d’initiative et de gestion local) d’Objectif plein emploi qui en est à l’initiative.

Parmi les projets encore visibles, on s’attardera sur les étonnants panneaux de signalisation de Carole Chaine (2007) où elle joue sur la signification de circulation interdite en montrant des herbes qualifiées de «mauvaises» qui poussent et circulent en liberté. À Kayl également, le mur que Frédéric Platéus (2007) a fait installer dans le parc a vite fait de trouver son sens : les jeunes graffeurs s’en sont emparés selon le souhait (pourtant inexprimé) de l’artiste.

L’année dernière, Roby Hoffmann a fait une intervention très poétique, désormais visible à Dudelange, en face du lycée Nic-Biever. Il a ponctué le paysage de «fleurs» en polystyrène bleu, plantées sur des tiges métalliques. Bizarrement, ces matériaux industriels artificiels offrent pourtant une beauté naturelle à un paysage qui devient impressionniste.  On regrettera de n’avoir pu admirer l’installation sonore de Denise Ritter à Ellergronn ou le labyrinthe de portes de Martine Feipel à Schifflange. Par contre, le travail spirituel et historique de Tae-Jin Kim autour des galeries minières eschoises est particulièrement réussi.

Sentiers rouges accueillera pendant la période du 11 au 25 septembre cinq nouveaux artistes en résidence de production autour du thème de la mobilité. Les artistes sélectionnés sont : Tessy Bauer (L), Yoann van Parys (B), Boris Thiébaut (B), Jonathan Loppin (B) et Ludwig Schmidtpeter (D).

Suivez le fil info du marcheur sur Twitter

Ce contenu a été publié dans Lire, voir, rencontrer, comprendre, Randonnée, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.