Dans le Pas-de-Calais, les randonneurs se mobilisent contre la limitation de l’accès au cap Blanc Nez

© Jeunesse & Nature

Revue de presse. A Calais, l’association jeunes & nature s’élève contre la transformation des chemins de randonnée sur le cap Blanc Nez en univers « carcéral ». En effet, pour être en conformité avec la législation Natura 2000, les accès à la falaise sont désormais très encadrés. Le cap Blanc Nez vient de recevoir, avec le cap Gris Nez, le label « Grand site de France ». Source : La Voix du Nord.

« Une association de randonneurs regrette l’aménagement « carcéral » du cap Blanc-Nez« , Bruno Mallet, La Voix du Nord (12/01/11)

D’un site du cap Blanc-Nez totalement ouvert, sur lequel un million de visiteurs par an avait la possibilité de faire tout et n’importe quoi. À un site aujourd’hui balisé de grillages, de barbelés et de panneaux d’interdiction. Désormais, les visiteurs n’ont plus le choix de gambader n’importe où, un seul chemin, goudronné le plus souvent, leur est imposé.

Ce chemin, en outre, est éloigné de plusieurs dizaines de mètres de la falaise. « Du coup, on ne la voit plus, pas plus que les oiseaux qui y nichent », s’insurge Patrick Bardiaux, président de l’association calaisienne de randonneurs Jeunes et Nature. « On nous parle d’un nouveau sentier,précise-t-il. Il fait 4,6 kilomètres de long, dont 2,6 kilomètres sont goudronnés ! » Selon lui, les explications avancées par les gestionnaires du site ne tiennent pas : « On nous dit que la falaise s’effrite, que c’est dangereux. Ce n’est pas vrai là où elle est la plus haute : le paradoxe, c’est que les endroits où elle s’effrite vraiment, au cran d’Escalles, à Strouanne ou à Sangatte, ne sont pas sécurisés.»

Autre paradoxe soulevé par Patrick Bardiaux : « le nouveau sentier pour descendre du cap vers Escalles, est très dangereux : trop pentu, sinueux et boueux ! » S’il reconnaît qu’une protection globale du site est nécessaire, Patrick Bardiaux estime qu’on est passé du « tout et n’importe quoi » au « rien et n’importe quoi », et qu’entre « protection et surprotection », le pas a été allégrement franchi.

Sans remettre en cause l’intégralité de l’aménagement, le président de Jeunes et nature aimerait qu’un sentier de dérivation soit créé, entre le cap et Sangatte, qui puisse longer la falaise. « Randonneurs et ornithologues amateurs y trouveraient leur compte sans remettre en cause le projet, ni mettre en péril les pelouses calcaires qu’il s’agit de protéger, estime-t-il. Je trouve que là, c’est vraiment excessif : imagine-t-on les falaises d’Étretat avec des barbelés à trois cents mètres du bord ? »

Ces récriminations, le vice-président du conseil général Hervé Poher les entend. Même s’il les relativise : « Nous travaillons avec la fédération de randonnée, dont visiblement cette association ne fait pas partie, commence-t-il. Ensuite, elle s’en prend à l’opération Grand site, alors qu’en l’espèce, elle n’y est pour rien. C’est Natura 2000 (réglementation européenne visant à préserver certains habitats et espèces naturels) qui nous y oblige. Ça ne nous plaît pas de poser des grillages et des barbelés. Mais c’est nécessaire, au moins dans un premier temps. Car les abords de la falaise ont vraiment souffert au fil des ans. Il est impératif de permettre à la nature de reprendre ses droits. »

Hervé Poher rappelle que des sites comparables en Bretagne, ont dans un premier temps été « sanctuarisés », avant d’être rouverts, petit à petit. •

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