Le chemin de Stevenson attire plus de 10 000 marcheurs par an

Revue de presse. Avec une fréquentation qui dépasse les 30 000 marcheurs, l’itinéraire star, c’est incontestablement Saint-Jacques. Mais le chemin de Stevenson (GR 70), entre Auvergne et Languedoc-Roussillon, draine de plus en plus de monde.

Il serait question de 12 000 marcheurs en 2009. « Les gens ne sont plus à la recherche du bronzer idiot. La tendance, c’est de marcher sur des chemins qui ont du sens», résume le responsable de l’association Sur le chemin de RL Stevenson.

Source : Le Progrès.

« Chemin de Stevenson : de plus en plus de marcheurs« , Sandra Fargier, Le Progrès (10/10/10)

Christian Brochier, président de l’association Sur le chemin de RL Stevenson, même s’il ne souhaite pas avancer de chiffres (il serait question de 12 000 marcheurs en 2009, NDLR) quant à la fréquentation sur le GR70, sait que celle-ci va de manière croissante.

D’ici peu, on devrait avoir une donnée officielle : « Nous sommes en train de faire une étude d’impact économique sur ce qu’apporte le chemin de Stevenson. C’est une étude pointue, en cours de finition, qui devrait donner ses résultats fin novembre. Sinon, il est bien difficile de dévoiler un chiffre exact, car nous ne disposons que de données très partielles. »

Et comme tout succès, celui-ci à aussi son revers : « Nous souhaitons créer une charte de réseau car, avec le succès du chemin, de nombreuses structures se créent. Nous voulons nous prémunir des dérives. Nous souhaiterions créer un filtre pour que ça ne devienne pas le supermarché de la randonnée. »

Cette charte de réseau est un des sujets qu’ils ont abordé avec l’association La Grande traversée du Jura, lors de deux journées interréseaux qui ont permis, aux deux associations, d’échanger sur leurs pratiques et de profiter de leurs expériences respectives. Si l’association jurassienne s’est, entre autres, fixée sur le système de bagages et d’intendance proposé par l’association Sur le chemin de RL Stevenson, cette dernière s’est penchée sur plusieurs idées, et notamment cette charte de réseau. « Il s’agirait d’avoir des préconisations, voire des obligations, qui devraient être assurées par les hébergeurs pour qu’on colle à l’esprit du GR70 », explique Christian Brochier.

L’esprit, c’est justement de préserver l’accueil, la convivialité, et qu’il y ait une rencontre, plutôt qu’une relation commerçant-client. « Il serait bon, par exemple, que dans chaque hébergement, il y ait le livre de de Stevenson, cet écrivain écossais, tombé amoureux de la France. Du moins qu’il y ait un lien avec cette histoire. »

La montée en puissance du chemin de Stevenson ne surprend pas le président : « C’est un chemin très beau, avec des itinéraires sauvages qui traversent des pays différents : le Velay, le Gévaudan, la Lozère, les Cévennes. Le bouche à oreille fait qu’il est de plus en plus populaire. »

L’association a, aussi, fait beaucoup pour la valorisation et la promotion de cet itinéraire. Les projets ne manquent pas. « Nous souhaitons créer un réseau européen. L’idée serait de faire un jumelage avec des différents lieux européens qui possèdent, eux aussi, un lien avec Stevenson. Il serait bon également que les maisons Stevenson, imaginées par plusieurs communautés de communes, puissent intégrer tout ça, de même qu’on pourrait y présenter le pays traversé, le patrimoine local et engager les randonneurs à visiter ces endroits-là. Ce sont des projets ambitieux mais possibles et jouables », conclut Christian Brochier.

Les bénéfices pour le Gard

Le président du Comité départemental du tourisme du Gard, Lucien Affortit, se félicite des résultats de l’étude sur les retombées économiques des randonneurs sur le chemin de Stevenson (GR70). En effet le chemin génère une fréquentation de 6 000 randonneurs, issus de 15 nationalités différentes et 55 000 nuitées marchandes.

Pour les Cévennes, les retombées économiques, directes ou indirectes, s’estiment à 680 000 €, avec une dépense moyenne par randonneur de 49 par nuitée, soit 3 de plus que la moyenne habituelle dépensée par le touriste dans le Gard. (Midi Libre, 07/03/11)

Le gîte La Bourrique, à Pradelles, accueille les marcheurs

« Les marcheurs du chemin de Stevenson, nous les connaissions déjà de par notre activité de taxi, mais aussi parce que nous assurions le service de bagages. » Marie-Eve et Thierry Jourde ont eu de la suite dans les idées. « Ça fait maintenant un an que nous avons ouvert ce gîte et chambres d’hôte. A l’origine, c’est un ancien café, et la salle à manger était la salle de bal. »

Le gîte La Bourrique, situé dans le village étape du chemin de Stevenson, à Pradelles, peut accueillir huit personnes. Après six mois de travaux, tout a été pensé pour que ça corresponde aux attentes des marcheurs. Ouvert en mai 2009, le bouche à oreille a rapidement fonctionné : « Il faut dire que le chemin de Stevenson fonctionne bien. Lorsque nous avons ouvert, il n’y avait pas d’hébergement de ce type sur Pradelles. Alors, les marcheurs sautaient l’étape de Pradelles pour filer jusqu’à Langogne. »

Le GR70 mène du Monastier-sur-Gazeille à Saint-Jean-du-Gard, soit 250 km à travers quatre régions géographiques distinctes, reliant le sud du Massif central aux Cévennes profondes. Il draine de nombreux marcheurs, « de mai à septembre surtout. Mai et juin sont les deux plus gros mois. C’est un chemin où l’on croise toutes sortes de personnes : seule, en groupe, en famille, avec des chevaux, un âne… » C’est d’ailleurs là un des petits plus de ce gîte : « Nous avons une grande propriété, ce qui nous permet d’accueillir ces animaux. »

Quant à la provenance géographique de ces marcheurs, bien difficile de déterminer : « Ils viennent de toute la France, et nous avons aussi beaucoup d’étrangers. Les Allemands forment le plus gros des troupes, mais nous avons aussi vu passer des Australiens, des Canadiens, des Suisses et même des personnes qui venaient de Singapour ! »

Une année aura donc suffi pour que La Bourrique trouve sa clientèle. Le livre d’or, bien rempli, en est la preuve parfaite. Les réservations ne manquent pas, alors même que le site Internet est rentré en fonction en juillet dernier. « Nous sommes référencés auprès de l’association Sur le chemin de RL Stevenson et en cours de référencement pour Respirando. »

A l’image du chemin de Saint-Jacques de Compostelle, qui attire de plus en plus de marcheurs, celui de Stevenson suit la même voie. En tout cas, avec l’ouverture de ce gîte, un emploi saisonnier a été créé…

L’écrivain écossais Robert-Louis Stevenson est l’auteur, entre autre, de L’Île au trésor.

En 1878, il part en voyage dans le sud de la France, et finit par s’installer au Monastier. C’est à la mi-septembre qu’il conçoit le projet de traverser à pied les Cévennes, avec son ânesse Modestine.

En 1879, est publié Travels with a Donkey in the Cévennes ( Voyage avec un âne dans les Cévennes), récit de sa randonnée dans le pays des Camisards.

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Une réponse à Le chemin de Stevenson attire plus de 10 000 marcheurs par an

  1. Marie dit :

    Connaissez vous Olivier Lemire ?
    Il parcours les chemins de France sur une thématique peu banale : le sens de la vie.
    Il a ainsi rejoint La Haine en partant de L’Amour, il a nagé dans le bonheur …
    Permettez moi de vous laisser le lien de son site : http://celuiquimarche.wordpress.com/
    Bonne soirée

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