Les marcheurs du Vendredi Saint

Aujourd’hui, le nombre de marcheurs augmentent brusquement, non pas à cause de la belle saison mais tout simplement parce que c’est Vendredi Saint. Pour commémorer la passion de Jésus Christ, les chrétiens, de part le monde, refont à pieds, dans l’église ou dans les rues, son parcours en méditant sur chacune des étapes de son calvaire. Quel sens trouver dans cette marche ?

Ce que j’aime dans cette marche du Vendredi Saint, c’est qu’elle n’est pas funèbre mais qu’elle est liée à la vie : les morts ne marchent plus. Marcher, c’est refuser la fatalité du destin, c’est avancer, avancer encore, un pas après l’autre, même si l’issue est fatale. Marcher, c’est rester totalement, profondément humain même quand toutes les forces obscures conspirent contre la vie. Marcher encore, c’est ne pas se laisser immobiliser par le non sens, l’absurdité du mal. Marcher, c’est être et rester debout.

Le Vendredi Saint, on ne marche pas seul. Sur ce chemin de croix, nous sommes des dizaines, des centaines, voire des milliers. Je ne marche pas seul. Jamais. Même en ce jour de colère.

Le Vendredi Saint, la croix est portée. Le poids de la croix n’empêche pas d’avancer. Malgré tout. Porter sa croix et avancer, c’est refuser de se laisser écraser par elle. C’est dire oui à la vie. Malgré tout.

Je vous recommande la lecture de la très belle méditation de Véronique Margron, religieuse dominicaine, dans La Croix (07/04/09), intitulée « Passion pour le temps présent« .  Elle écrit :

« Où demeurer, alors, pour retrouver le souffle ? Au pied de la croix de mon Seigneur. Non avec un goût pour le morbide, l’échec et la souffrance. Mais parce que la croix du Christ sauve de la désolation, de la fatalité. Elle seule. Je ne retiens ici qu’une des paroles attribuées à Jésus sur la croix.

Elle se trouve dans l’Évangile de Jean : « Femme, voilà ton fils, et toi, voici ta mère » (Jn 19, 26). La Tradition dira avec force que c’est là que naît l’Église : au moment où le Christ promet à Jean et Marie un attachement nouveau, inconditionnel, réciproque, ouvert. Ne pas demeurer figés dans la mort de celui qui est pourtant tant aimé, mais recevoir la force de se retourner vers la vie. Résurrection, déjà. »

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1 réponse à Les marcheurs du Vendredi Saint

  1. Phebus dit :

    Le chrétien ne peut être un sédentaire. Le chrétien marche. Instinctivement j’ai pris mopn bâton de pèlerin pour faire le chemin de Croix de ce vendredi. Il faut prendre son bâton …. c’est lui qui noçus fait marcher.

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