André Weill (2/3) : « La marche et le yoga sont indissociables »

Interview. Deuxième épisode de  notre entretien avec André Weill, 61 ans, qui a parcouru les chemins de Compostelle, de la Via Francigena (Cantorbery-Rome)  et relié Auschwitz à Jérusalem.

Ce professeur de yoga nous éclaire sur les rapports que ce dernier entretient avec la marche.

– En quoi le yoga nourrit-il votre façon de marcher ?

Marcher c’est danser sur la terre. Les valeurs basiques du bien vivre en yoga sont aussi celles du marcher bien et longtemps. Elles sont parfaitement adaptées – voire indispensables- à la réussite de la marche au long cours :

– Fluidité du geste, écoute attentive, fortification du corps, massage, étirement ;
– Développement des énergies internes, des capacités sensorielles, refus de la blessure ;
– Respect et écoute du vivant, des hommes, des animaux, des plantes, de la nature.

Stratégie de marche et stratégie de vie sont basées, entre autres, sur l’authenticité, la responsabilité, la non-violence, le non jugement, la modération. Marcher implique de se nourrir par une respiration ample, douce et sans apnées inconscientes, par des boissons et aliments sains dans un rapport juste aux besoins hydriques et énergétiques.

– La marche a-t-elle modifiée votre façon de pratiquer le yoga ?

La marche m’a donné le goût à la pratique douce et quotidienne du yoga. Dans son coté routinier, la marche au long cours m’a conforté dans les valeurs prioritaires à mettre en place dans ma vie et à transmettre dans l’ enseignement de yoga, à savoir mettre le corps à la base de toute stratégie de vie – y compris de vie spirituelle.

Par la douceur du geste corporel quotidien et par l’énergie de la respiration, la marche remet le mental à sa juste place et lui interdit toute prise de position arrogante.

– Quelles sont les principales proximités entre le yoga et la marche ? Et les principales différences ?
Pour moi, yoga et marche au long cours sont tellement mêlés qu’il m’est difficile aujourd’hui de les dissocier. L’un et l’autre sont d’une redoutable efficacité pour faire taire le bavardage mental. L’un et l’autre vise au même but ultime. L’un et l’autre visent à ce que à ce que nous arrivions à la Maison.

Ainsi yoga et marche au long cours rejettent la notion de comparaison, et donc de compétition. L’un et l’autre rejettent l’idée de se faire mal de se blesser. Pour aller loin, il ne faut pas se blesser !

Le yoga est un enseignement. En ce sens,  il est démarche. Étymologiquement, l’ enseignant est celui qui pose des signes – c’est-à-dire des balises – sur le chemin. Le yoga utilise des outils divers et variés qui, comme la marche au long cours, respectent l’ âge, la culture, la morphologie, la psychologie de celui qui se met debout, en chemin.

Toute pratique de marche consciente – par exemple la marche synchrone avec la respiration telle que la marche afghane – fait intrinsèquement partie de la boite à outils yoga. La marche au long cours est incontestablement une expérience méditative. En ce sens elle la augmente la résilience au stress. Elle régule les émotions, le sommeil, la sexualité, l’appétit, etc…

La marche s’éloigne du yoga lorsque elle entre dans un jeu de compétition, de but à atteindre, d’oubli du corps – et donc de blessure.

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2 réponses à André Weill (2/3) : « La marche et le yoga sont indissociables »

  1. COLINE dit :

    J’ai depuis toujours en moi, cette conscience que tu es un gars exceptionnel et une belle âme. Tout ce que tu écris et donne comme conseil pour l’engagement dans la vie quotidienne me touche.
    Ton chemin doit être bon à vivre et je voudrais tellement avoir le courage de tout quitter pour un jour partir dans le but de me retrouver pour le mieux en mieux être.
    Merci encore pour ta qualité de présence à la vie et aux autres.
    Je te serre fort pour le jour de la St Valentin.
    Coline

  2. André dit :

    Coline
    je te conseille de ne pas tout quitter, mais polutôt de tout prendre avec toi
    Ne rien laisser de coté, ni les ombres ni les lumières, cela s’appelle vivre la complétude

    « Car c’est en allant dehors qu’on va vraiment dedans » – John Muir

    Hey l’amie, serais-tu libre le Je 4 mars 20h30 salle wesford Grenoble

    bises bien amicales

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