Edouard Cortès : « La marche a le pouvoir guérisseur de nous unifier »

Edouard Cortès, et sa femme Mathilde, ont rallié Jérusalem à pied pour leur voyage de noces. Ce périple a fait l’objet d’un beau livre témoignage, « Un chemin de promesses, 6000 km à pied vers Jérusalem » (XO Editions) et d’un DVD (qu’on peut découvrir sur leur blog En chemin).

Avant ce voyage, Edouard Cortès était parti seul sur les chemins de Compostelle à l’âge de 19 ans.

Interviewé pour le « Guide spirituel de Saint-Jacques » (Ed. Presses de la Renaissance, p. 70-71), il témoigne du rythme de la marche. Pour le Blog des marcheurs, il explique « le pouvoir guérisseur » de la marche.

Gilles Donada : Personnellement, quels effets la marche a-t-elle eu sur le plan physique, psychique et spirituel ?

Edouard Cortes : Il est difficile de disséquer le cœur, le corps et l’âme d’un pèlerin. Ces trois dimensions sont intimement liées. La marche a le pouvoir guérisseur de les unifier.

Sur le plan physique, on sent d’abord vivre son corps dans l’effort et l’endurance. On pousse parfois ses limites physiques. Le rythme lent et naturel de la marche nous ouvre au monde qui nous entoure. On a le temps de le découvrir car, même en marchant vite, on ne va jamais plus de 6 km/h. Tous les sens sont en éveil grâce à la proximité avec la nature, la modification de la notion du temps et de l’espace. On est à l’écoute.

Sur le plan psychique, on découvre que la force du marcheur sont sa volonté et sa persévérance. On peut pousser ses limites et expérimenter qu’il y a toujours une part de possible en l’homme. Cette meilleure connaissance de soi donne aussi confiance en soi, en ses capacités.

Sur le plan spirituel, quand on a fait l’expérience de l’abandon, on sait que la vie devant soi ne sera pas toujours facile mais on est sûr que le Seigneur est un bâton fort et solide sur lequel s’appuyer. On avance dans la vie avec plus de paix et de confiance. Les « clins Dieu », ces petits signes concrets de l’action de Dieu dans nos vies, deviennent aussi plus évidents et visibles.

Quels conseils, en tant que marcheur, aimeriez-vous donner à un pèlerin qui prend le départ  ?

Emporter une Bible pour méditer le chapitre 6 de Saint Matthieu. Et aussi un parapluie !

Pratiquez-vous encore la marche depuis votre retour ? Si oui, à quelle occasion ?

Oui, dès que l’occasion se présente : Compostelle, Jérusalem, GR en France et à la Réunion. En ville, je préfère souvent l’itinéraire à pied à celui du métro quand la distance et le temps le permettent.

Recueilli par Gilles Donada

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