Françoise et Gérard Priou, Arlette et Jean Champion ont marché de la Loire-Atlantique à Compostelle

Revue de presse. Françoise Priou a 66 ans et Gérard Priou 70 ; Arlette Champion 59 ans et Jean Champion 60 sont, amis et marcheurs au Cyclo-club de Vertou (Loire-Atlantique). Ils ont fait « leur » chemin de Saint-Jacques entre le 6 avril et le 3 juin, parcourant 1 500 km en 58 jours, soit une moyenne de 25 km par jour. Ils ont retracé leur parcours sur un blog. Source : Ouest-France.

« Ils ont marché sur les chemins de Compostelle », épisode 1 et 2, Ouest-France (28 et 29/12/10)

Leur itinéraire, leur motivation

« Nous sommes partis de Vertou et avons suivi le trajet Vertou, Clisson, Saint-Jean-d’Angély, (Charente), Blaye (Gironde), Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées Atlantiques), Roncevaux, Pampelune, Puenta la Rena, Burgos, Leon, Santiago de Compostela. Le chemin de Saint-Jacques, c’est le chemin des étoiles avec lesquelles on se guidait autrefois. Notre démarche n’était pas religieuse, c’était un défi ».

Gérard : « Un défi physique et moral, pour couper avec tout… sauf le téléphone portable ! ».

Françoise : « Un défi physique et spirituel, pour s’élever, se dépasser ».

Arlette : « Un défi sportif, ma grand-mère me montrait des marcheurs sur le chemin ! ».

Jean : « Une recherche de rencontres, d’échanges, un défi physique aussi, est-on capable de le faire ? ».

La préparation

« Notre préparation a duré un an : de l’entraînement physique, avec 30 km par semaine, à l’organisation de notre absence par rapport au courrier, au jardin, au téléphone… On a créé un blog avant de partir pour communiquer avec la famille et les amis, relater nos journées. Au final, il a été consulté 3 300 fois par plus de 750 personnes ! »

Le trajet

Pour Gérard : « Sur le plan physique, ça a été impeccable. J’ai mal vécu les changements de rythme liés aux séparations temporaires qui me rendaient malheureux de ne pas marcher à quatre, et les changements de temps : neige, pluie, boue, soleil torride ».

Françoise : « Dans le Bordelais, Je me suis arrêtée trois jours, avec un mal à une jambe et un pied ; heureusement, pas de déchirure. Jamais je n’ai envisagé d’arrêter. Durant certains moments difficiles, j’ai eu le sentiment que Saint-Jacques nous favorisait, comme dans la recherche de gîtes ».

Arlette : « J’ai eu mal ; je me suis arrêtée à Saint-Jean-Pied-de-Port pour faire une radio plus IRM d’un pied. J’ai continué avec des anti-inflammatoires. Le moral était atteint, j’ai cru qu’on ne se retrouverait pas ».

Jean : « J’ai fait de la tendinite et une chute, autrement RAS. Les problèmes de nos épouses m’ont affecté ».

« On a toujours pensé qu’on irait au bout, sauf problème médical grave… La Gironde franchie, on a eu un sentiment de non-retour. Nos sacs pesaient quand même 12 kg, 9 kg pour les femmes. La météo n’a pas été terrible : trois semaines de grand beau, autant de pluie, de la boue, un jour de neige, le reste mitigé. C’est plutôt plat avant les Pyrénées, notamment dans les Landes, et très montagneux en Espagne. Les paysages sont variés : vallées vertes, champs de blé, vignes, hauts plateaux, montagne, landes et bruyères, forêts d’eucalyptus… Le col le plus haut : la Croix de Fer, 1 500 m, presque à l’arrivée. »

Les souvenirs les plus marquants

(…) Pour Gérard : « La chaleur dans les Landes et les chemins monotones ; à La Fata, en Espagne, au col d’O Cabrero, le paysage magnifique et la convivialité au gîte ».

Françoise : « La boue dans les Pyrénées espagnoles ; à Saintes, en Charentes, notre première rencontre : un cyclotouriste canadien de 30 ans parti de Paris, qui allait à Santiago, puis au Portugal et au Puy-en-Velay ».

Arlette : « Les zones industrielles dans les grandes villes, Pampelune, Burgos, Leon ; à Belorado : 11 nationalités différentes sur 24 personnes, dont ce joueur de flûte sarde : tu joues plus faux, tu meurs ! ».

Jean : « A Roncevaux, près du col de Lepeoder, dans la neige, trempés jusqu’aux os ! Le partage de la soupe à l’ail chez des soeurs, avec des Brésiliens ; c’était à Carrion de Los Condes ». Et puis l’accueil des familles en Vendée et Charente : « Fabuleux ! ».

« Avant de partir, pour avoir des gîtes partout, nous avons dû nous procurer le passeport appelé credential creantial qui sera tamponné à chaque étape. À l’arrivée, on nous a délivré la compostella, sorte de certificat reconnaissant notre parcours. Pour être homologué, celui-ci ne doit pas faire moins de 200 km. »

Le bilan

« Quand on vit pendant deux mois avec le strict nécessaire, on se rend compte qu’on vit d’habitude avec du superflu ; du coup, on s’arrête moins sur les futilités, on va plus à l’essentiel. À la question : qu’est-ce qui nous a manqué le plus, nous n’avons pas su répondre. C’est le fait d’avoir été en contact régulier avec nos proches. Nous n’étions pas chronométrés, nous avions seulement l’idée d’aller au bout, sans impératif, sans compter les jours. Le plus beau, dans cette aventure : les émotions le long du chemin, la richesse des rencontres, vraiment. »

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