Gaby Vialard, 71 ans, se prépare à marcher vers Jérusalem avec un âne

Revue de presse. Ancien brocanteur à Beauregard (Lot-et-Garonne), Gaby Vialard, 71 ans, est un personnage haut en couleur qui se prépare à marcher jusqu’à Jérusalem (6000 Km) avec un âne. Il est déjà allé deux fois à Saint-Jacques de Compostelle et a bouclé un tour de France en tandem.  Source : La Dépêche.

Ce matin-là, on a trouvé Gaby à Senézelles, près de Cancon, Lot-et-Garonne. Il était monté au pied de la Vierge de « Tout Pouvoir », dont la robe bleue s’écaille à l’ombre d’un bosquet de chênes. C’est un des lieux secrets où Gaby Vialard, brocanteur retraité, aime venir se recueillir dans le chant des cigales, avant de repartir visiter les malades de sa connaissance.

Vétu de blanc en toute saison (il va bientôt tomber le pull de coton qui se confond avec sa longue barbe), Gaby Vialard porte sa croix avec bonne humeur, le sourire ouvert sur une dent en or. Mémoire de son village de Beauregard, il a eu plusieurs vies, qui sont toutes nées sur cette portion de ligne droite entre Monflanquin et Cancon. Les gens y roulaient trop vite : Gaby avait donc planté sur le trottoir un mannequin habillé en gendarme. Plus efficace qu’un radar, c’était aussi une enseigne pour sa brocante, qui tenait lieu d’attraction du village, de 1964 jusqu’en l’an 2000.

Gaby a rangé son gendarme debout, mais il s’amuse toujours, à promener parfois un grand nounours sur son tandem. C’est lui, encore, qui passe à l’heure du jardinier pour arroser les fleurs qu’il a semées devant l’église, et à l’entrée du cimetière… « Une pensée pour les gens qui s’en vont », dit-il.

La ligne droite de son village, Gaby l’a souvent vue tanguer, lorsque jeune marié il abusait du Pernod. Mais au décès de son épouse, emportée par la maladie à 31 ans, il a changé de vie. Il s’est dévoué aux enfants du village, une grande troupe avec les siens au milieu.

A l’époque, tout le canton connaît Gaby, le « peliarot » qui vide les greniers, conserve les outils forgés et les réveils cassés, et fait fumer le J7, le samedi matin, avec trente gosses à l’arrière qu’il emmène à la mer. (…)

Les jeunes du village, il les entraîne au basket, ou en peloton cycliste, avec d’autres parents du village. Pour la lumière : des piles Varta ficelées au guidon.

Une sortie, un grand voyage ? Gaby dit toujours oui, et voit l’aide divine dans les préparatifs. A la veille du départ de son premier pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, alors que sa partenaire se décommande, c’est son neveu qui veut venir avec lui. Et en route, quand la semelle d’une de ses chaussures a rendu l’âme, il a trouvé 100 € dans l’autre. Car il est aussi pauvre que généreux, et « toujours à découvert avant la fin du mois ».

Aujourd’hui, Gaby a en tête un autre voyage : Beauregard-Jérusalem, à pied, avec un âne. Il a photocopié un itinéraire de 6 000 kilomètres « à travers champs ». Reste à trouver l’âne.

« Ce n’est pas difficile, mais ça prend du temps, explique-t-il : pendant un mois, il faut vivre avec lui et dormir dans son box. Après, il te suit au bout du monde. » (…)

Source : « Le pèlerin de Beauregard« , Pierre Mathieu, La Dépêche (07/07/11)

Suivez le fil info du marcheur sur Twitter

Ce contenu a été publié dans Compostelle, Jérusalem, Spiritualité, Témoignage, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.