Gers : deux retraités accomplissent leur rêve compostellan

Revue de presse. Gérard Forgues et Bernard Capelle, jeunes retraités, viennent de réaliser le rêve de leur vie : faire le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils ont marché tous les jours par étape de 25 kilomètres et ont parcouru les 1 023 kilomètres en quarante-deux jours. Source : Sud-Ouest

« Deux heureux pèlerins jacquaires », Sud-Ouest (08/10/09)

Motivé par les côtés sportif et découverte d’un cheminement exceptionnel, Bernard s’était préparé physiquement. Par contre Gérard n’avait rien fait de spécial mais s’était fabriqué un chariot pour porter les bagages. Ils ont arboré la coquille Saint-Jacques et étaient munis du bourdon, gros bâton dont les pèlerins s’équipaient dans le temps pour se prémunir des attaques de chiens, ours, loups et humains indélicats.

Gérard, avec son chariot, ne pouvant pas emprunter les chemins escarpés, n’a pu s’éloigner des routes. Un jour il s’est perdu et est revenu au point de départ. Il a dû prendre un taxi pour rejoindre l’étape.

Ils ont toujours été hébergés dans des refuges réservés aux pèlerins que l’on appelle albergues en Espagne. Ces dernières sont neuves et classées au Patrimoine culturel européen. Il n’y a pas de réservation, les pèlerins sont accueillis au fur et à mesure de leur arrivée tant qu’il y a de la place. Un soir, à l’albergue de La Falga en Espagne, le dernier village avant la Galicie, il n’y avait plus de place et ils ont dormi à la tribune de l’église sur deux matelas.

Bernard et Gérard ont été frappés par l’entraide et la convivialité que l’on rencontre entre pèlerins de nationalités pourtant bien différentes : Japonais, Canadiens, Coréens, Australiens, Allemands, Hollandais et Français en minorité. Il se forme parfois des groupes de 25 à 30 pèlerins de tous les âges.

Le vétéran avait 73 ans et est arrivé un jour avant les autres. Un couple de Canadiens le faisait avec son enfant de 6 mois que la mère allaitait.

À l’arrivée, tous les pèlerins laissent éclater leur joie, s’embrassent et assistent à la cathédrale à midi à la messe des pèlerins. Gérard et Bernard ont rapporté cette anecdote amusante : dans le temps, les pèlerins se lavaient et faisaient la lessive à Lavacolla, village distant de 6 km de Saint-Jacques. Mais comme tous ne le faisaient pas, il y avait un très grand encensoir suspendu au plafond de la cathédrale qui oscillait en permanence pendant la messe, pour dissiper les odeurs des pèlerins qui avaient oublié de faire la lessive. Certains allaient même faire brûler leurs vêtements au cap Finistère sur la plage et achetaient des habits neufs pour rentrer chez eux.

Gérard et Bernard sont ravis de leur expédition et, l’an prochain, ils vont faire la partie du chemin d’Arles à Marciac. Ils partiront avec la même joie et beaucoup d’entrain.

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