Julien Thomas, 24 ans, a tout plaqué pour Compostelle

Revue de blog. Julien Thomas, un Grenoblois de 24 ans, est parti le 17 juin 2009, avec son sac de 17 Kg pour rallier Arles puis Saint Jacques de Compostelle.

« Je pleure pendant les 2 premiers km, triste de tout quitter mais pas seulement, écrit-il dans sa première note, c’est aussi de la joie, la joie d’enfin me retrouver libre de presque toute contrainte naturellement imposée par la société et tout ce qui nous entoure. La liberté à l’état pur. »

Son blog s’intitule : « Chemin vers soi« , il a pour sous-titre : « Si tu n’arrives pas à penser, marche. Si tu penses trop, marche. Si tu penses mal, marche encore. »

Dans sa note « Pourquoi ce voyage », il écrit cette belle méditation sur le sens de sa marche :

Après une longue et difficile sortie de l’armée, avec un peu d’argent de côté, je décide de partir seul à pied avec le nécessaire dans le sac. Une très bonne façon de se retrouver avec sa conscience, mais en même temps de faire plein de rencontres sorties de tout contexte et de ce fait, bien plus authentiques.

Ma démarche initiale est de partir, mais fallait-il encore savoir où ? C’est là que ma mère intervient en me parlant des chemins de St Jacques de Compostelle. Je me dis après tout pourquoi pas ? En prenant ce chemin, je rencontrerai sûrement plus de personnes qui sont dans la même démarche que moi, que si je pars dans je ne sais quel pays me perdre au bout du monde.

Aujourd’hui je me rends compte que depuis longtemps au fond de moi je voulais faire ce type de voyage, ou du moins je savais que j’allais avoir à faire ça. Plusieurs éléments dans notre vie nous font des signes, que nous perçevons plus ou moins selon notre état de conscience du moment.

Lorsque j’ai pris la décision ferme de partir, c’est comme si j’étais en plein accord avec tout ces signes que ma conscience avait repérés auparavant. Je pense que rien n’est dû au hasard, tout est lié. Par exemple, mon passage dans l’armée était à l’origine comme un premier départ pour moi, j’y ai appris beaucoup de choses qui m’ont été utiles pour ce voyage.

C’est comme si c’était une préparation, et en élargissant encore un peu, une préparation à la suite de ce voyage. Je me sens comme une locomotive sur des rails, sauf que je commande aussi les changements de rails. Et ce chemin n’est pas pour moi qu’une bulle dans ma vie, mais bien un tournant, une bifurcation.

Se libérer de tout le superflu, des tonnes d’objets, de (faux)problèmes, de (fausses)relations, de tout ce que nous impose la société. C’est comme si c’était un réajustement, de quoi avons nous vraiment besoin pour vivre, qu’est ce que je jette qu’est ce que je garde.

Le sac à dos illustre très bien cette idée. Je suis parti avec environ 17 kg et suis revenu avec 13… Mon corps aussi a rejeté l’inutile, et a conservé et renforcé ce dont il avait besoin, les jambes.

Mais ce concept devrait s’appliquer chaque instant de notre vie, une remise en question permanente, sur nous et tout ce qui nous entoure. Pour ne pas tomber dans des sables mouvants d’où il est très difficile de sortir. La vie ne consiste pas à acquérir des biens, du savoir, des richesses, mais bien au contraire à se libérer l’esprit, lâcher prise.

Ce voyage permet de se rendre compte ce que ça fait de vivre du minimum, et ce minimum peut paraître relativement énorme pour encore beaucoup trop de personnes sur terre.

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