Le pèlerin de Compostelle et peintre chinois Ji Dahai expose oeuvres à Moissac

Revue de presse. Durant tout l’été à l’office de tourisme de Moissac (Tarn-et-Garonne), le peintre chinois Ji Dahai expose les œuvres qu’il a réalisées sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle voilà cinq ans. Source : La Dépêche.

« En Chine pèlerin se dit brûleur d’encens« , Baptiste Gay, La Dépêche (03/07/2010)

Orient ou Occident, un même oubli ? Pour Ji Dahai, le peintre chinois qui expose ses œuvres durant tout l’été à l’office de tourisme de Moisscac , dans l’antichambre du cloître roman, une chose est sûre : « En France, c’est comme en Chine, on ne comprend plus les messages que portent les sculptures. On oublie notre fond culturel. Les gens rentrent dans les lieux de culte mais cela ressemble davantage à de la superstition qu’à une recherche spirituelle. » Et pour Ji Dahai un chemin vierge de compréhension c’est un peu comme une voix sans issue.

C’est la raison pour laquelle lorsqu’il entreprend, en 2005, le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, un baluchon sur le dos remplis de papiers coupés au format italien, l’artiste originaire de Pékin ne se lance pas dans un sprint. « J’ai mis 67 jours pour joindre Le Puy-en-Velay au finistère de la Galice. » Il prend le temps et s’arrête à chaque lieu d’inspiration pour esquisser un croquis qui lui servira de base pour ses dessins futurs.

A Moissac, il profite durant deux heures d’une visite des chapiteaux du cloître qui l’émerveille encore aujourd’hui. Idem devant le tympan de l’abbatiale où Ji Dahai fait la rencontre du prophète Jérémie. Samedi matin dernier, au moment d’installer ses œuvres, la délicatesse avec laquelle il pose « son » Jérémie, dit beaucoup de son admiration pour le maître de Moissac qui a réalisé cette sculpture. Plus que pour sa signification religieuse ?

« Au début du chemin, je n’osais pas entrer dans les églises, puis j’ai compris que je pouvais assister aux célébrations, être parmi les chrétiens, prier autre chose que leur Dieu. » Goûter en quelque sorte à une même passion pour le chemin de Saint-Jacques. «

Un amour partagé » comme il dit lui-même, qu’il a rendu au centuple dans son livre « Un artiste chinois pèlerin de l’art sur les chemins de Compostelle ».

Un ouvrage paru aux éditions Ouest France, comme un clin d’œil pour celui qui s’était rué sur le livre référence consacré au pèlerinage de Saint-Jacques celui de Patrick Huchet, également édité par Ouest France. C’était en 2004, lorsqu’une amie française lui avait parlé de ce chemin.

Quant à savoir si sa démarche a été comprise dans son pays d’origine ? La question appelle une réponse sans équivoque de Ji Dahai : «Chez nous, le pèlerin, c’est le brûleur d’encens parce que c’est celui qui se promène avec des bâtons d’encens dans son sac et les fait brûler à chaque temple, c’est une notion qui ne nous est pas étrangère. »

Partagez !

Suivez le fil info du marcheur sur Twitter

Ce contenu a été publié dans Compostelle, Lire, voir, rencontrer, comprendre, Spiritualité, Témoignage, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.