Le séminariste marseillais Alexandre Chatty publie ses carnets de route en blog

Avant d’entrer au séminaire de Marseille pour devenir prêtre, Alexandre Chatty, 34 ans, était musicien, prix du conservatoire de Marseille en flûte traversière. Adepte de la randonnée en montagne, il apprécie le parapente, le canoë et le rollers. Il accompagne les jeunes dans des camps itinérants et vient d’ouvrir son blog pour publier ses carnets de route.

Blog des marcheurs : comment avez-vous eu l’idée de créer le blog http://alexandrechatty.blogspot.com
Alexandre Chatty : C’est justement en revenant d’un camp itinérant dans les Hautes-Alpes que j’ai eu l’idée de créer mon blog. L’idée de départ, c’était de publier les pages de mon carnet de route qui pouvaient intéresser les autres randonneurs d’une manière générale et en particulier les jeunes qui ont pris goût à la marche et qui veulent continuer de leur côté. On y trouve des sujets aussi variés que des topos (pas encore publié mais prêt), des fiches techniques sur des jeux, sur la navigation, etc.

Depuis quand marchez-vous ?
Je marche depuis que je suis adolescent. On me voit beaucoup dans les calanques entre Marseille et Cassis ou sur la côte bleue. J’ai marché sur le sentier des douaniers en Bretagne, dans les Hautes-Alpes à diverses occasions, seul ou en tant qu’animateur de camp, sur le plateau du Larzac avec des familles scout, durant 4 jours. J’ai aussi marché en camp itinérant autour du vieux Chaillol pendant 6 jours avec 12 adolescents, et un prêtre. Je suis parti sur les chemins de Saint-Jacques entre Arles et Jaca, en Espagne (812km topo). Sinon lorsque j’ai le temps pendant les vacances, je pars facilement une semaine ou plus avec la tente dans le sac.

Quelle a été l’expérience la plus marquante ?
Je pense que le plus fort pour moi aura été les chemins de Saint-Jacques, pas simplement pour le palmarès sportif mais aussi et avant tout pour l’expérience humaine. J’y ai vu de tout : des fous qui veulent marcher sans renoncer au confort de la maison, un autre qui ne conçoit pas de marcher en dessous des 6km/h et qui marchera jusqu’à voir sa femme succomber et partir à l’hôpital dans un état préoccupant. J’ai rencontré des faux pèlerins qui achètent la credential pour bénéficier des tarifs pèlerins mais qui viennent en voiture… Mais j’ai surtout croisé des gens beaux par leur générosité, par ce qu’ils sont tout simplement, parfois dans leur force, mais souvent dans leurs faiblesses.

A qui pensez-vous en particulier ?
Je pense à Tina que j’ai croisé alors qu’elle sortait d’un château en ruine portant une robe médiévale en lin et qui a marché de la Slovénie à Cap Finistère dans cette tenue. Il y a aussi Philippe qui était ingénieur en aéronautique à l’agence spatiale européenne mais qui marchait pour prendre le temps de réfléchir à sa reconversion : il était tellement jaloux que je puisse marcher 40km dans la journée qu’il m’a suivi partout disant : « Si lui peut le faire, j’y arriverai moi aussi ». Nous nous sommes rencontrés à Auch où il était sur le point d’abandonner, et il m’a suivi jusqu’à Jaca, en pleine forme! Lui qui n’arrivait pas à faire 15 km par jour au début. Il y avait aussi cette femme de 45 ans dont le mari venait de lui annoncer qu’il souhaitait divorcer : le chemin était pour elle une raison de continuer à avancer dans la vie.

Quelle est la particularité de la marche ?
La marche est sans doute le sport le plus naturel qui soit pour l’homme : tout le monde marche pour une raison ou pour une autre. Elle est accessible au plus grand nombre. C’est d’abord un sport qui joue sur le mental : le bon marcheur n’est pas celui qui n’a jamais d’ampoule mais plutôt celui qui continuera d’avancer dans l’épreuve.

Sur le plan spirituel, la randonnée permet de se retrouver loin des agitations de la ville dans une activité qui unifie la personne en ce sens où le corps et l’esprit fonctionnent ensemble pour atteindre le but. Marcher en pleine nature, c’est avancer en procession dans la plus grande cathédrale du monde en admirant la grandeur de Dieu au travers des merveilles de sa création et de se replacer soi-même en tant que créature, à l’image de Dieu, face à cette même création. C’est une expérience qui rend à la fois humble et confiant. J’ai toujours quelques psaumes et passages d’Évangile que j’apprends par coeur pour les méditer quand je marche.

La randonnée a joué un rôle fondamental dans ma vie : les moments de marche loin des bruits du monde m’ont permis de discerner l’appel de Dieu au-delà de mes craintes et aspirations. Face à la beauté de la création, j’avais fini par comprendre que Dieu me comblerait quels que soient mes choix de vie pour peu que je lui dise « oui », un peu comme on accepte d’en baver pour une joie qui nous fait oublier les efforts fournis. Avec le recul, je me rends compte que je neme suis pas trompé.

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Une réponse à Le séminariste marseillais Alexandre Chatty publie ses carnets de route en blog

  1. LAFAGE dit :

    Ah sacré Chatty Te souviens tu des soirees en boite au damier , au templier, de mes permiers baisers, comment va ton frere Hubert?

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