Pas-de-Calais : Christelle Vandemaele, 40 ans, est partie vers Compostelle « pour faire le point »

Revue de presse. Christelle Vandemaele, une Andrésienne de 41 ans, a pris la route l’été dernier, seule. Elle a accepté de parler de cette expérience qu’elle a décidé de poursuivre en juillet. Source : La Voix du Nord.

« Christelle Vandemaele fait partie de ces êtres qui ont du mal à aller vers les autres, par timidité. C’est elle qui le dit, en même temps que ses yeux clairs se posent sur vous avec retenue.  (…)

Le chemin de Compostelle. Christelle Vandemaele en avait entendu parler. Comme tout le monde ou presque. « Je les trouvais courageux ». Voilà tout.

Et puis il y a eu cette amie qui, par un beau jour d’été, a pris la route. Elle l’avait écoutée raconter ses préparatifs, elle a été happée par son récit. C’était en 2010. « Il y a des choses qui se sont mises en place dans mon esprit. » La bibliothécaire a alors 40 ans. (…).

Si elle a bien repris quelques mois plus tôt la course à pied, elle n’aspire pas à l’exploit sportif. En revanche, le temps est venu de faire le point. Elle le sent dans sa chair. Il lui faut s’interroger sur son futur, réfléchir au passé.

« La décision n’a pas été facile à prendre, ma crainte, c’était de ne pas tenir le coup physiquement et le fait de partir seul. »

Elle rencontre des marcheurs, membres des Amis de Compostelle de Lille, avec qui elle allonge le pas. Leurs témoignages finissent de la convaincre. « Ce qui ressortait, c’était l’atmosphère, une impression de bien-être ».

Elle prend son billet de train au printemps 2011. Ce sera pour août. Direction le Puy-en-Velay pour huit jours de marche, soit 250 km. « Là on se dit que ça va être très difficile », sourit Christelle Vandemaele. Dans son entourage, certains grimacent. Trop dangereux. Elle s’en moque. « C’était un projet très personnel, presque égoïste ». (…)

Il n’empêche, elle, l’anxieuse timide, est gagnée par l’inquiétude à l’approche du grand jour. Mais curieusement, le bouquet de nerfs se dissipe la veille du départ… Là voilà maintenant sur les rails, avant la route. Elle croise dans un wagon une femme bardée d’un sac à dos sur lequel elle aperçoit la coquille de Saint-Jacques. Elle y voit un signe. Elles parcourront ensemble quelques tronçons.

Mais être à deux ne fait pas oublier la souffrance. Ces premiers jours, elle est intense. « J’ai découvert des endroits où je ne savais pas qu’il y avait des muscles ». Un soir, elle dort dans un gîte, un autre dans un camping. L’improvisation succède au programme établi.

« Anne (la femme rencontrée dans le train) me disait d’avoir confiance sur le chemin ». Mystique, les pèlerins ? « Ce qui est sûr, c’est que je ne suis pas partie en randonneuse, mais dans une dimension spirituelle ».

Son corps meurtri autant que son esprit la porteront jusqu’au terme de sa route. « J’ai découvert qu’être pèlerin, c’est aussi être humble vis-à-vis de son corps ». Ce ne sera pas le seul enseignement. « Le cheminement continue au retour ». Elle s’arrête un instant. « J’y ai trouvé de la confiance en moi, peut-être. » La quête de vrai touche aussi au sacré. Dieu ? Elle soupire longuement. « Je n’ai pas de réponse. Peut-être que je fais ça pour retrouver la foi que j’avais quand j’étais petite. » (…) Christelle Vandemaele a au moins une certitude. Elle repartira en juillet. »

Source : « Les mots intimes d’une pèlerine sur le chemin de Compostelle« , Gilles Contraire (06/05/12)

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