Seul et en fauteuil roulant, Reiner Maier se rend d’Heidelberg à Compostelle

Revue de presse. Parti de Heidelberg (Land du Bade-Wurtemberg, en Allemagne), Reiner Maier, un pèlerin de Compostelle a fait halte à la cathédrale Saint-Front de Périgueux avant de poursuivre sa route vers la Galice. Particularité ? Il a été grièvement blessé dans un accident et effectue le chemin de Saint-Jacques en fauteuil roulant. Source : Sud-Ouest.

« Le chemin de Saint-Jacques en fauteuil », par Julie Martinez, Sud-Ouest (28/06/10)

Une coquille Saint-Jacques accrochée autour du cou, il déplie dans un sourire sa documentation. Dans les cases, des tampons, des timbres et des signatures qui attestent que Reiner Maier est bien l’un des pèlerins qui se rendent chaque année à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Mais cet Allemand, grièvement blessé dans un accident il y a 18 ans et aujourd’hui handicapé, a décidé de parcourir ces milliers de kilomètres à l’aide d’un prototype, un vélo à main couplé à son fauteuil roulant.

Parlant peu anglais et pas français, Reiner Maier peut compter sur un compatriote, Henry Reese, totalement bilingue, qu’il contacte par téléphone quand le besoin de traduction se fait sentir.

« Reiner est sorti de l’enfer. Il a entrepris ce voyage parce qu’il est très croyant, explique Henry Reese, joint par téléphone. Il avait entendu parler du chemin de Saint-Jacques et s’est entraîné pour cela malgré de faibles ressources. »

Depuis le mois d’avril, il a déjà parcouru 1 220 kilomètres depuis Heidelberg. Il lui reste entre 1 500 à 2 000 km à effectuer pour arriver à Saint-Jacques mi-août.

Chaque étape est préparée pour être vécue en toute autonomie, mais les mauvaises surprises sont souvent au rendez-vous. Depuis le début de son périple, Reiner a été victime d’accidents, heurté par des automobilistes peu respectueux, et on lui a volé son téléphone portable et sa toile de tente dernièrement.

De son étape périgourdine, il garde un souvenir mitigé. « En entrant dans la ville de Périgueux, il a cassé un de ses freins en évitant une voiture. C’est très dangereux pour lui et les automobilistes ne sont pas habitués. L’auberge où il s’était présenté n’a pas voulu le prendre et n’était pas adaptée aux personnes handicapées. Mais, pour le positif, une personne, touchée par son histoire, lui a offert une nouvelle tente », traduit Henry Reese.

Reiner Maier va reprendre la route après une étape au camping de Barnabé. Avec son mental de fer, il veut prouver «qu’après un accident, on peut encore faire des choses ».

Suivez le fil info du marcheur sur Twitter

Ce contenu a été publié dans Compostelle, Spiritualité, Témoignage, avec comme mot(s)-clé(s) . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.